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J’voulais bosser et voir du pays… ben là je suis servi !
Comme annoncé dans le dernier post les grandes manœuvres des contrôles de gestion et des formations individuelles des caissiers, économes et directeurs ont été lancées. Ainsi fin août, juste avant de partir en Côtes d’Ivoire, j’ai enfin pris la direction de Toussiana. Oui, je dis bien enfin car c’était tout même la 4éme fois que mon arrivée au CMPT (Collège Moderne Privé de Toussiana) était annoncée, mais c’est seulement la première fois que j’y mettais les pieds.
Pourtant Toussiana ce n’est pas très loin de Bobo, çà fait environ une heure de route en direction de Banfora au sud de Bobo. C’est assez étonnant d’ailleurs, car au milieu de la brousse, çà a des allures de village d’enfants avec 10000 habitants majoritairement de moins de 18 ans qui passent à 20000 à la rentrée scolaire avec les internats. Oui, Toussiana c’est très prisé pour envoyer son citadin de rejeton en pension …. Une fois coincé entre 4 murs entourés de brousse et loin de la ville natale, les tentations éloignant des livres sont bien maigres.
En attendant, ils ont tout de même la chance d’avoir une cour de récré qui en ferait rêver beaucoup avec une allée de palmiers magnifiques.
De mon côté, le travail s’est bien passé et c’était un bon tour de chauffe avant la suite du programme.
A mon retour d’Abidjan, je suis monté à Nouna (nord de Bobo) non sans crainte sur le transport (cf post piste avec satanas et diabolo)
mais ce coup-ci çà c’est plutôt bien passé. Satanas était étonnamment calme, je dirai même prudent. Etait ce le carême musulman qui l’avait calmé ou une mauvaise fortune en route comme le
laissait penser la tôle froissée à l’avant du minibus ? J’en sais rien, mais assurément çà conduite plus souple ne m’a pas déplus. J’ai pu constater également au cours de ce trajet que
demander l’état des routes avant de partir à tout son sens lorsqu’on emprunte des pistes en fin de saison des pluies. En effet, si la végétation a bien changée depuis mon passage mi-mai, l’état
de la piste aussi et là où nous avions passé 45 minutes, il nous a fallut 2 heures. Bref si j’ai échappé aux 10heures de mon premier aller à Nouna,
il en fallut tout de même 6 pour faire les 235 Km à l’aller comme au retour.
Sur place j’ai profité des heures de sieste pour parcourir un peu le secteur à pied et rencontrer les habitants. En fait Nouna, c’est tout petit et grand à la fois! La ville est un peu éparpillée et les maisons sont parfois assez distantes. Chose étonnante, je suis tombé à quelques centaines de mètres derrière le collège Charles Lwanga sur un terrain vague. Cette remarque lu de France peut sembler stupide, d’autant que des photos de grands espaces vides, j’ai certainement déjà du en poster, sauf que là on est en saison des pluies en qu’en ville et dans ses alentours même les + petites parcelles sont exploitées pour le mais et le mil. Dans un cabaret par exemple, il est rare de ne pas voir 5 pieds de mais dans un coin et 8 dans un autre. Bref, du coup j’ai posé la question à un local et j’ai trouvé la réponse tellement savoureuse que çà va être l’objet de la question du mois en fin de post ;-))
A part çà le travail n’a pas manqué à Nouna donc je ne suis rentré sur Bobo que le dimanche 20 septembre, jour de ramadan, vers 14 heures. C’était un passage éclair, le temps d’honorer les invitations à manger de mes amis musulmans (ici les jours de fête tout le monde est invité chez tout le monde et on fait le tour des maisons en ne faisant que bouffer toute la journée), de constater que ma maison a été en partie inondée pendant mon absence à cause d’une fuite dans la tuyauterie (on verra çà au retour en attendant l’eau est coupée), puis un peu de repos et à 5h00 le 21 je me levais pour prendre la direction de Kongoussi qui se situe à 2heures de route au nord de Ouaga, soit à nouveau 7heures de car au programme de la journée. Mais avec la fatigue déjà accumulée par tous ces trajets au mépris des WE et des jours fériés, les dieux du ciel ont eux la délicate attention de m’offrir une bonne grosse douche pour gagner la gare routière distante de 25 minutes de marche. Çà réveille, c’est sympa. Enfin une fois trempé dans le car, c’est un peu moins sympa, mais j’ai ôté ma chemise et l’ai confié à ma voisine qui s’est chargée de l’essorage puis je l’ai mise à sécher sur le dossier du fauteuil de devant. Ainsi, j’ai fait la moitié du trajet vers Ouaga torse nu. 2H30 plus tard à Boromo, c’était à peu près sec et je pouvais enfin être convenable. A propos de convenable d’ailleurs, après une étape à Ouaga avec déjeuner chez Chantal et Pierre, j’ai repris la route vers Kongoussi et là ce que nous a fait la compagnie de car n’était pas convenable du tout ! Nous étions plus de 110 dans un car de 70 et c’était vraiment du grand n’importe quoi. D’ailleurs, si en arrivant 30 minutes avant le départ, j’ai pu attraper un des derniers fauteuils, je n’en ai guère profité car une femme avec un enfant de 1 an dans un bras (il n’y avait pas la place de le mettre dans le dos…. Je parle du p’tit pas du bras !) et se tenant à une barre de l’autre (je parle du bras pas du p’tit ;-)), s’est retrouvée coincée debout à mon niveau J’ai donc dû lui laisser ma place et je me suis mis en mode « je prends le tram à 7h45 du mat» pendant les 2 heures de trajet.
Enfin, çà ne m’a pas empêché de contempler la route. J’ai été étonné de découvrir des zones assez arides et des champs de mil et de mais, franchement pas extraordinaire, alors même que partout dans le reste du pays il y a en ce moment des herbes folles d’au moins 1 mètre partout et des plants qui montent à 3 voir 4 mètres dans les champs. En fait on est encore un peu loin du sahel, mais vu que le sahel gagne du terrain la culture est de plus en plus difficile et vu que la culture est plus difficile et qu’il faut bien manger pendant la soudure (période pendant laquelle on attend la récolte) ils coupent des arbres pour vendre un peu de bois et vu qu’ils coupent des arbres le sahel progresse et vu que la sahel progresse, la culture est plus difficile…. Bref, j’ai regardé les champs pendant une bonne heure et demi et là je me suis rendu compte que je n’avais plus le même œil qu’avant, car il y a 1 an, je n’aurai vu que les collines qu’on apercevait à l’horizon avec leurs mélanges de couleurs ocre, grise et verte (çà m’a rappelé la ballade dans les montagnes de l’Atlas marocain), que les petites villages avec des cases traditionnelles, que les pêcheurs lançant leurs carrelets dans les rares mares que nous croisions. Quand aux champs de mais qui captaient tant mon attention, j’aurai certainement trouvé qu’il gâchait ce beau paysage car pas assez pittoresque et bien trop européen. Mais çà fait maintenant 9 mois que je suis là, que je vis ici avec eux et qu’on partage les même joies et les mêmes peines du coup forcément je ne vois plus les choses de la même façon, je les vois avec les yeux d’un local et non plus avec les yeux d’un touriste.
Cependant les alentours de Kongoussi sont magnifiques, d’autant qu’en + pour le moment Kongoussi ne manque pas d’eau grâce au grand
lac qui le borde. Donc, j’ai profité de cette semaine de travail pour faire quelques escapades avec le Frère Denis, traverser le radier
et monter quelques collines d’où la vue était absolument somptueuse.
Pour le reste, Kongoussi m’a vraiment enchanté. Il est clair que ce n’était pas pour son confort car les Frères ne sont présent que
depuis 5 ans à Kongoussi et l’école est en construction.
Du
coup, on leur prête 3 salles exigües dans lesquelles ils font cours à des 6éme, des 5éme et depuis la rentrée des 4éme. Il n’y a pas de bureau pour l’administration et la communauté loue une
petite maison. Alors moi je dormais dans la sacristie de l’église situé 600 mètres au dessus. Sacristie qui était extrêmement sale, qui sert aussi un peu dépotoir, ne ferme pas et ne dispose pas
de lumière. Mais bon, j’avais une moustiquaire et enfin de compte à partir du moment où j’ai une moustiquaire moi je suis heureux. Pour le reste, l’accueil était chaleureux et simple avec des
Frères qui sont véritablement de belles figures de l’enseignement et de l’Eglise. Vraiment, quand on n’attache pas trop d’importance au confort matériel et qu’on arrive à accepter les fortes chaleurs on est vraiment bien là-bas.
Puis je suis redescendu le vendredi dans la bouillonnante capitale. Là je dois dire que ce fût une semaine « un peu pas facile », même si avec l’accueil de Chantal et Pierre le we fût très bon, il ne permit pas de suffisamment recharger les batteries et je me suis fait attraper par le palu sauf que cette fois ci , çà n’ avait rien à voir avec le palounet de juillet dernier, là çà ressemblait plus à un viril placage de Chabal avec de fortes courbatures, de puissants maux de têtes continuelles et un bon 40 au thermomètre, le tout sans pouvoir dormir. Bref, çà m’a bien écrasé 4/5 jours et sur ce coup là si la guiness n’a pas suffit, la médecine moderne, n’ a été bonne qu’à me confirmer ce que je savais déjà (c’est une crise de palu), m’inviter à poursuivre le traitement que j’avais commencé tout seul et….me délester de 40 000 F CFA rien que çà. Bref à part mon portefeuille les médecins n’ont rien soigné !
Enfin, j’ai tout de même réussi entre 2 montées de fièvre à remplir globalement ma mission au collège La Salle
et dés qu’il y a eu du mieux, je me suis occupé de Badenya. Du coup, j’ai pu
rentrer sur Bobo dés le mardi suivant soit seulement 3 jours de retard sur le programme.
Je dois dire que je suis bien content de retrouver mon petit chez moi, c’est vrai que c’est toujours un plaisir de partir pour découvrir de nouveaux horizons et de nouveaux visages, mais c’est aussi toujours un plaisir de rentrer et de retrouver ses amis et son petit chez soi… même sans eau ;-))
Là, mon chef m’a accordé 2 jours de repos et j’espère rester à Bobo 2 semaines et puis je pense qu’il faudra à nouveau que je fasse mon sac pour poursuivre les missions.
Hier, j’en ai donc profité pour rendre une petite visite au Père Philippe, on va fixer une date pour voir Benoit, un nouveau coopérant arrivé au séminaire de Koumi pour organiser la bibliothèque, puis j’ai été rendre visite à Alfred pour voir la petite Diana qui est arrivée pendant que j’étais à Kongoussi. Le papa était très inquiet début septembre car les médecins lui avait annoncé la naissance pour août, du coup il était allé au dispensaire où on l’avait rassuré en lui disant que la grossesse peut durer jusqu’à 12 mois! Moi quand il m’avait raconté çà j’avais bien failli m’étrangler, mais il m’avait semblé plus sage de ne pas broncher pour ne pas l’inquiéter. La petite bougeait dans le ventre et c’était ben là l’essentiel. Pour le prénom contrairement à chez nous ce ne sont pas les parents mais les gd-parents qui en décident 8 jours après la naissance. En tout cas les parents sont contents du prénom et Alfred et moi on est allé fêter çà au cabaret en vidant quelques calebasses de dolo.
Ce we Laurent monte de Banfora, il sera peut être accompagné d’Amandine une nouvelle coopérante qui travaille comme lui au collège St Viateur . J’espère qu’on va pouvoir se faire un p’tit tour du côté de Koro qui est un p’tit village à 20 Km sur la route de Ouaga.
A part çà la saison des pluies touchent sérieusement à sa fin, la chaleur revient en force et les pluies commencent à se faire rares. Ainsi, si Ouaga a été ravagé par 30 cm de pluie en 24 heures le 01/09, pas une goutte de pluie n’est tombée sur la capitale depuis le 15/09. Le problème c’est qu’il faut normalement encore une pluie par semaine pour que les cultures offrent de belles récoltes, du coup dans certaines zones du pays les récoltes risquent d’être maigres.
J’espère que de votre côté tout va bien, à bientôt.
Biz
Et maintenant les p’tits jeux ! La réponse au jeu du mois de septembre était 30 (24+6) et pour la petite histoire si vous vous avez été archi nul avec chacun une réponse différente mais systématiquement fausse, il se trouve que j’ai trouvé quelqu’un à Ouaga qui lui a trouvé directement la bonne réponse, bon il est toutefois juste de préciser qu’il s’agit d’un ivoirien et qu’il y a donc peut être délit d’initié ;-))
Pour ce mois ci, le jeu consiste à trouver l’utilité PREMIERE de ce terrain vague situé dans la ville de Nouna. Attention, les fonctions secondaires seront considérées comme des mauvaises réponses. Bonne réflexion à tous et j’espère que ce coup là il y aura un gagnant… sinon il faudra que je pose des questions plus simples mais ce sera moins drôle ;-))