Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 12:25

Et l’accouchement ne fût pas sans douleur comme vous allez le constater ! En tout cas, devenu par ma mission trotteurs du Faso puis par extension supporter des Etalons, J’ai galopé vers la billetterie du déplacement organisé par le comité de soutien pour le match Eléphants-Etalons qui se jouait samedi dans la capitale Ivoirienne.

Belle occasion de découvrir la Côte d’Ivoire, Abidjan et de vivre à nouveau un grand match de foot sur ce continent, le tout à coût très réduit vu qu’il n’était demandé que 15 000 FCFA (23 E) pour le déplacement en car, l’hébergement et la place dans les tribunes alors que le seul déplacement coûte + de 60 000 CFA si je veux y aller par mes propres moyens. Dernier avantage non négligeable, pas besoin de visa car aucun contrôle n’est effectué sur les cars de supporters, ce qui permet d’économiser encore 25 000 F CFA. Bref bon plan !

Au programme :

-         Départ le jeudi à 7h00 de Bobo en car pour 975 Km à parcourir dans un temps estimé de 10 à 12 H de route.

-         Arrivée en début de soirée sur Abidjan et installation dans le lieu d’hébergement

-         Vendredi libre pour les visites

-         Samedi matin libre puis RDV à 12H pour aller en car chercher les billets au consulat avant de rejoindre le stade Félix Boué.

-         Samedi nuit libre pour refaire le match dans les maquis de la ville

-         Dimanche matin, départ entre 05 et 7H pour arrivée en début de soirée à Bobo.

Ce programme séduisant, ainsi que mon enthousiasme après avoir vécu le match aller à Ouaga, ont suffit à convaincre Adi, Martin (coopérants de Banfo) + François (un de leurs amis en vacances) de se joindre à moi dans cette expédition.

 

Ainsi, jeudi matin le réveil a sonné à 5h00 pour prendre un p’tit dej tranquillement avant de gagner à pattes le stade Wobi de Bobo, lieu du départ. Nous étions sur place à 6h30 conformément à ce que nous avions prévu histoire d’être à l’aise sur le timing, même si je me doutais bien qu’un retard de une à 2 heures était tout à fait probable. D’ailleurs, le car n’était0 pas encore arrivé et nous commençons à patienter tranquillement à l’ombre d’un arbre… 1h, 2h… là on voit un panneau indiquant que le départ est reporté à 10h. Nous patientons toujours  1h,2h… là on apprend que nous devons partir en convoi avec les supporters de Ouaga pour être escorter sur le trajet par les militaires, que notre car doit venir à vide de Ouaga dans le convoi et que les organisateurs Ouagalais ont connu des difficultés pour obtenir les ordres de missions et les subventions pour le déplacement à cause des inondations 2 jours avant dans la capitale, en conséquence ceux-ci ne décolle de Ouaga qu’à 10h00 et nous devons être au point de RDV à 14h00 pour un départ à 15h00. Soit, retour à la maison pour le déjeuner et prendre une petite douche puis nouveau départ vers le stade Wobi à 13h30… stupéfaction, maintenant le tableau indique 20h00 !!! Je vais donc à la pêche aux infos auprès du bureau de la Ligue régionale et j’apprends que Ouaga a également des difficultés pour obtenir les cars, mais qu’ils viennent d’assurer à Bobo que tout est désormais réglé et que nous partirons bien à 20h00. Bon, ben nous on avait pas envie de refaire un 3 éme aller-retour à pattes vers la maison donc on s’est trouvé un maquis pour taper le carton autour d’une petite bière et passer le temps.

18h30 nous revoilà au stade Wobi, quelques infos circulent, les Ouagalais  sont en route, ils sont à Boromo (mi-chemin) et seront donc à Bobo à 21h00… 2 heures + tard nouvelle info, les Ouagalais ont joint nos dirigeants à 19h35 pour les informer qu’en fait ils n’ont pas pu obtenir de car pour nous et que nous devons trouver notre propre car !!! Les contacts sont réactivés pour obtenir un car et nos dirigeants nous promettent l’arrivée de celui-ci pour 22h00. De fait à 22h20 il arrive. Sauf qu’il est sensé être de 70 places, hors il n’en fait que 50, que 50 places ont été vendus officiellement + à peu près autant sans être porté sur les listes et qu’en + il faut monter les 30 personnes que constitue les dirigeants et ambianceurs officiels de tribune ! Arghh 130 dans un car de 50 là c’est totalement injouable, il faut trouver un autre car et prendre des dispositions concernant ceux qui ont payés et qui ne sont pas sur les listes. Finalement tout se solutionne, un nouveau car doit arriver à 23h00 avec 70 places, les 50 inscrits + les 30 personnes le prendront et pour les autres il est proposé soit le remboursement soit d’affréter un nouveau car mais avec un surcoût de 15 000 FCFA. Nous on est bien sur la liste et le fameux car arrive à 23h15 ; suit ½ heure de palabres et de chargement et nous sommes enfin près pour le grand départ. Seul petit détail, les Ouagalais que nous devons attendre sont officiellement à Houndé (environ 1h00 de route de Bobo) mais en réalité ils sont à 40km de Ouaga (environ 4h30 de route de Bobo) la décision est prise de partir sans eux et de les attendre à la frontières pour éviter que les supporters qui ont déjà attendu 17 h00 ne finissent par exploser dans un car qui ne fait finalement que 60 places pour 80 personnes, enfin bon pour 1/3 de + ont va pas chipoter on met des bancs et des tabourets au milieu, on en laisse 5/6 debout et çà rentre.

00h00, çà y est nous sommes partis ! Nous gagnons rapidement la frontière et attendons les Ouagalais pour reprendre la route vers 4h30. Bonne nouvelle, finalement ils sont arrivés avec un car à vide donc tous les cars surchargés peuvent remplir les 70 places dispo, il n’en restera d’ailleurs pas une de vide. Vu que l’info a été transmise en moret (langue des mossis) nous n’avons pas eu la chance d’y monter et la traversée va devoir se faire dans ce vieux car un peu défoncé, alors que le nouveau proposait clim, sièges confortables et même vidéo, tampis.

On repart donc enfin au sein d’un convoi comptant 12 cars pour environ 840 supporters. La route entre la frontière et Ferkessedougou (150KM) est complétement défoncé ce qui fait que nous y faisons escale à 12h00, nous avons alors parcouru seulement 1/3 du trajet. Bon, ben c’est comme çà de toutes les façons s’énerver ne changerait pas grand-chose. On repart et on profite du paysage, vu qu’on a bien le temps d’en profiter. La végétation ressemble dans ces grandes lignes à celle qu’on connaît au Faso, sauf qu’ici il n’y a que très peu de villages au bord de la route et que les terres sont beaucoup plus sauvages, moins exploités. Ainsi plus on avance plus on trouve une brousse tropicale, très arboré et dense sur 15 mètres de hauteur ou se mélangent cocotiers, bananiers, rôniers, acacias,  caïcédras, frangipaniers, capotiers puis de temps en temps un peu de maïs. Finalement, la route se passe, une petite panne d’embrayage réparée sap-sap en 30 minutes, un accident bénin avec un minibus qui a crevé en sens inverse, puis perdu le contrôle de son véhicule et a embrassé l’aile du car sur toute sa longueur (2 sec + tard çà donnait un choc frontal). Du coup encore une grosse ½ H pour constater les dégâts et échanger les n° puis remercier le chauffeur d’avoir eu la présence d’esprit de se déporter habillement sur le côté et de conserver l’allure plutôt que de freiner, une petite prière pour la suite du trajet et c’est reparti ! A 20h00 voilà (enfin) Abidjan. Nous entrons dans la ville avec un  accueil très fraternel où toutes les femmes et les enfants sortent des maisons pour saluer le convoi et les supporters se chambrent amicalement sur le score futur. La surprise, c’est qu’Abidjan n’a rien d’une ville Africaine, mais ressemble vraiment à une ville Européenne. Il y a plein de voitures qui circulent sur des grandes artères même pas défoncées, quasiment aucune moto. La ville est toute illuminée et compte un grand nombre d’immeubles et d’usines. Des grands panneaux publicitaires dont certains sous forme d’écrans géants jalonnent les routes. Nous longeons la lagune et gagnons le ministère de la jeunesse et des sports qui va nous héberger. Là, nouvelle surprise, il n’y a que 300 matelas dont le tiers ne peut entrer dans les locaux par manque de place. Les supporters qui ont de la famille sur place sont donc invités à la rejoindre et ceux qui le peuvent et le veulent bien sont conviés à prendre un hôtel. Nous on arrive à obtenir une pièce avec un matelas pour chacun. Nickel. Il ne nous reste plus qu’a remplir les estomacs et nous réhydrater un peu ; un maquis à la sortie du ministère fait l’affaire. C’est aussi l’occasion de répondre aux nombreuses sollicitations des médias dont nous sommes l’objet (des blancs qui se déplacent pour supporter les étalons c’est pas tous les ans !) et de prendre contact avec les locaux pour glaner quelques infos précieuses pour les visites du lendemain matin.

Réveil 07h00, après une nuit un peu compliqué sur nos matelas sans moustiquaires. Départ pour la gare fluviale de Treichville, quartier populaire qui accueillait les manœuvres du temps de la colonisation et qui fait face au « Plateau » quartier situé de l’autre côté de la lagune qui accueillait lui les colons. Là on trouve un bon plan en s’intégrant au départ d’une navette réservée par un groupe à 9h00 qui part passer la journée sur une île de la lagune, du coup nous ne payerons que 2000 F CFA pour une visite commentée du port autonome suivi d’une ballade entre les îles de la lagune le tout sur 2 heures. C’est vraiment un coin magnifique que les palmiers rendent paradisiaque. Les clichés qu’on n’y prend n’ont rien à envier aux mythiques cartes postales d’île à farniente. Pour ceux que çà intéresse, un terrain de 1700 M2 sur une île de la lagune avec bien évidemment un accès direct à l’eau coûte actuellement 23 KE (penser à prévoir un réservoir d’eau douce et un générateur d’électricité pour l’habitation).

A 13h00 tout le monde est autour des cars parés de sa + belles tenues de supporters, les sifflets, les tambours  et les danses qui les accompagnent ambiancent  tout le monde  et nous prenons la route vers 13h30 pour le consulat. Nous récupérons les billets vers 15h30 dans une ville en ébullition, une fête toujours aussi sympa et fraternelle. A 16h00 nous arrivons dans le stade qui ne compte ce jour là que 20000 places au lieu des 36 000 habituelles compte tenu de la survente ayant eu lieu lors du dernier match contre le Malawi et ayant entraîné un mouvement de foule, la chute d’un mur et le décès de 19 supporters. A œil de stadier, nous devions plutôt être 25000 dans les tribunes au début de la rencontre mais çà laissait encore beaucoup d’espace et il n’y a vraiment eu aucun problème de sécurité. Je n’en doutais d’ailleurs aucunement car mon expérience de stadier fait que je sais pertinemment qu’il n y’ a aucun match plus tranquille que celui qui suit un match à gros problème.

Son Excellence le président Laurent Gbagbo nous a honoré de sa présence dans les tribunes avec une entrée digne du prestige de son rang, arrivant en voiture dans le stade puis en faisant le tour du terrain pour saluer la foule avant le protocole officiel. (je n’en dis pas davantage pour ne pas influencer votre réponse dans le concours du mois que je vous ai réservé pour la fin de ce post).

Le match en lui-même fût catastrophique pour les Etalons qui ont perdu tout espoirs de participer à la coupe du monde en arrêtant de jouer après un second but encaissé en début de 2nde période ce qui leur a valu de rentrer les valises pleines avec un cinglant 5-0. Déçus, certains supporters ont quittés les travées du stade avant le coup de sifflet final et une fois celui-ci donné nous avons regagné notre car pour retrouver nos quartiers au ministère de la jeunesse avant de prendre la route de notre maquis de la veille où nous avions fixé RDV  avec les grands Frères ivoiriens pour consoler les perdants. Vraiment, le temps de la guerre et des massacres fratricides est aujourd’hui loin. Certains Ivoiriens avouant même s’être énervé devant leurs écrans contre les Eléphants qui ont continué à enfoncer les Etalons à la dérive après 3-0 alors que la qualif pour la coupe du monde était déjà assurée ‘‘s’était méchant pour nos p’tits frères’’. Là-dessus, vu que le départ le lendemain a été décalé à 14h00 je sollicite Didier pour nous guider à Grand-Bassam d’où est originaire sa maman. C’est l’ancienne capitale coloniale située en bord de mer à 25 Km de la ville dont la réputation de la plage n’est plus à faire.

Le Dimanche matin les réveils sonnent à 7h. Nous retrouvons Didier à 7h30 + 2 autres supporters burkinabés. Un p’tit coup de taxi pour attraper à Treichville la gare des taxis-brousse et c’est avec un brin de nostalgie que je me retrouve assis sur la banquette arrière d’une 505 familiale ;-)) Vraiment cette bagnole est spacieuse, vu que nous le chauffeur a réussi à y trouver 9 places assises !

Arrivé à Grand-Bassam, on se fait une ballade dans la ville pour découvrir les monuments et leurs histoires ainsi que pour stocker quelques binouzes que nous viderons en front de mer. Puis on arrive face à l’océan. La saison fait que le temps est un peu bouché, mais j’ai retrouvé le même océan, frais, puissant, projetant avec force ses vagues qui envoient un nuage d’embruns sur une plage longue de plusieurs centaines de km. A l’ombre des cocotiers se succèdent les paillottes avec leurs chaises longues et parasol en coco. Oui, c’est vraiment une plage de style cap verdien, une plage de rêve et moi dans tout çà je suis heureux comme un gosse. On ne tarde pas à se poser dans une paillotte, il ne faut alors qu’un éclair de temps pour que je me retrouve en maillot  à  jouer dans les vagues. UN VRAI ET GRAND BONHEUR ! Parole de Breton. Après je regagne la paillotte à siroter une p’tite bière en regardant la mer. Avec l’heure qui avance, les jeunes arrivent en nombre pour passer la journée sur la plage, les commerçants défilent avec leurs artisanats et leurs fruits. On se laisse tenter par une bonne coco. On mange un plat d’alocos (banane plantain) frit avec un bon poisson grillé puis vient le temps de la photo souvenir sur la plage ainsi que du cadeau aux visiteurs (ici en Afrique c’est l’hôte (Didier) qui fait un cadeau pour remercier ses invités d’être venu) en l’occurrence un masque BEDE tribu dont il est originaire et enfin on reprend la route pour être à 14h00 dans le car pour le départ.

Le départ se fait à 14h30 et nous arrivons à Bobo à 1h30 du mat le … mardi ! Eh oui, encore des pannes et des pannes + une pause de 22h à 04h du mat à Yamoussoukro pour éviter d’éventuels coupeurs de route. Bref, en tout cas çà fait quand même un trajet de 35 heures de car et pour les 975 Km parcourus çà nous donne une vitesse moyenne ébouriffante de 27.8 Km/h ! En clair, en vélo on aurait pu être + rapide.

En tout cas ce petit périple fût vraiment un voyage à l’africaine avec toutes ses émotions bonnes et moins bonnes qui se sont enchaînées, ses difficultés, ses joies et çà restera un super souvenir.

Maintenant je suis de retour aux activités et devenez ce qui m’attends ? du car bien sûr ;-)) En effet il va falloir que dans les 15 jours/3 semaines je passe à Ouaga voir les Etablissements La Salle et Badenya puis que je remonte jusqu’à Kongoussi au nord de Ouaga avant d’aller à Nouna au nord de Bobo + éventuellement Diebougou encore une fois, mais là je vais tenter de me dérober car çà va faire beaucoup trop vu que sur chaque site je dois former 3 personnes + réaliser un audit et que parallèlement a çà je travaille également à la rédaction de procédures qui doivent être présentée pour le 01 octobre. Ce qui est sûr c’est que du goudron j’ai pas fini d’en voir et que le boulot ne manque pas en ce moment !

Conclusion : il y a un déplacement de prévu pour supporter les étalons le 04 octobre prochain en Guinée Conakry soit la bagatelle de 1400 à 1500 Km de Bobo aller, eh bien vous allez peut être pas me croire, mais d’hors et déjà…. je déclare forfait ! ;-)) En revanche, j’essaierai d’aller supporter les Etalons une dernière fois le 25 octobre à Ouaga contre le Malawi.

 

Biz générale

Ambissini (à demain)

 

Ps : le jeu du mois !

Son excellence Laurent Gbagbo est arrivé dans le stade en voiture par la piste d’athlétisme avant de faire un tour de pelouse pour saluer la foule. En regardant la photo et en sachant que 6 véhicules n’ont pas pu rentrer dans l’enceinte, combien d’autos composaient l’escorte présidentielle ? (je suis sympa, je ne vous rajoute pas les motos ;-))

 

Réponse dans le prochain n°. Pour les gagnants (il faut bien un prix) j'offre une biére à Bobo (le déplacement est à votre charge, mais la biére est bonne et fraîche donc çà vaut le coup ;-))


Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Retour à l'accueil

Profil

  • Le blog de yann
  • bonjour à tous ! pour ceux qui passeraient là par hasard, je suis 1 breton ayant mis ma carrière entre parenthése pr partir avec la DCC donner de mon temps! Ce blog raconte mes tribulations au Burkina Faso pour un projet de compta avec les FEC

Présentation

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus