Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 17:31

J’voulais bosser et voir du pays… ben là je suis servi !

 

Comme annoncé dans le dernier post les grandes manœuvres des contrôles de gestion et des formations individuelles des caissiers, économes et directeurs ont été lancées. Ainsi fin août, juste avant de partir en Côtes d’Ivoire, j’ai enfin pris la direction de Toussiana. Oui, je dis bien enfin car c’était tout même la 4éme fois que mon arrivée au CMPT (Collège Moderne Privé de Toussiana) était annoncée, mais c’est seulement la première fois que j’y mettais les pieds.

Pourtant Toussiana ce n’est pas très loin de Bobo, çà fait environ une heure de route en direction de Banfora au sud de Bobo. C’est assez étonnant d’ailleurs, car au milieu de la brousse, çà a des allures de village d’enfants avec 10000 habitants majoritairement de moins de 18 ans qui passent à 20000 à la rentrée scolaire avec les internats. Oui, Toussiana c’est très prisé pour envoyer son citadin de rejeton en pension …. Une fois coincé entre 4 murs entourés de brousse et loin de la ville natale, les tentations éloignant des livres sont bien maigres.

En attendant, ils ont tout de même la chance d’avoir une cour de récré qui en ferait rêver beaucoup avec une allée de palmiers magnifiques.

De mon côté, le travail s’est bien passé et c’était un bon tour de chauffe avant la suite du programme.

A mon retour d’Abidjan, je suis monté à Nouna (nord de Bobo) non sans crainte sur le transport (cf post piste avec satanas et diabolo) mais ce coup-ci çà c’est plutôt bien passé. Satanas était étonnamment calme, je dirai même prudent. Etait ce le carême musulman qui l’avait calmé ou une mauvaise fortune en route comme le laissait penser la tôle froissée à l’avant du minibus ? J’en sais rien, mais assurément çà conduite plus souple ne m’a pas déplus. J’ai pu constater également au cours de ce trajet que demander l’état des routes avant de partir à tout son sens lorsqu’on emprunte des pistes en fin de saison des pluies. En effet, si la végétation a bien changée depuis mon passage mi-mai, l’état de la piste aussi et là où nous avions passé 45 minutes, il nous a fallut 2 heures. Bref si j’ai échappé aux 10heures  de mon premier aller à Nouna, il en fallut tout de même 6 pour faire les 235 Km à l’aller comme au retour.

Sur place j’ai profité des heures de sieste pour parcourir un peu le secteur à pied et rencontrer les habitants. En fait Nouna, c’est tout petit et grand à la fois! La ville est un peu éparpillée et les maisons sont parfois assez distantes. Chose étonnante, je suis tombé à quelques centaines de mètres derrière le collège Charles Lwanga sur un terrain vague. Cette remarque lu de France peut sembler stupide, d’autant que des photos de grands espaces vides, j’ai certainement déjà du en poster, sauf que là on est en saison des pluies en qu’en ville et dans ses alentours même les + petites parcelles sont exploitées pour le mais et le mil. Dans un cabaret par exemple, il est rare de ne pas voir 5 pieds de mais dans un coin et 8 dans un autre. Bref, du coup j’ai posé la question à un local et j’ai trouvé la réponse tellement savoureuse que çà va être l’objet de la question du mois en fin de post ;-))

 

A part çà le travail n’a pas manqué à Nouna donc je ne suis rentré sur Bobo que le dimanche 20 septembre, jour de ramadan, vers 14 heures. C’était un passage éclair, le temps d’honorer les invitations à manger de mes amis musulmans (ici les jours de fête tout le monde est invité chez tout le monde et on fait le tour des maisons en ne faisant que bouffer toute la journée), de constater que ma maison a été en partie inondée pendant mon absence à cause d’une fuite dans la tuyauterie (on verra çà au retour en attendant l’eau est coupée), puis un peu de repos et à 5h00 le 21 je me levais pour prendre la direction de Kongoussi qui se situe à 2heures de route au nord de Ouaga, soit à nouveau 7heures de car au programme de la journée. Mais avec la fatigue déjà accumulée par tous ces trajets au mépris des WE et des jours fériés, les dieux du ciel ont eux la délicate attention de m’offrir une bonne grosse douche pour gagner la gare routière distante de 25 minutes de marche. Çà réveille, c’est sympa. Enfin une fois trempé dans le car, c’est un peu moins sympa, mais j’ai ôté ma chemise et l’ai confié à ma voisine qui s’est chargée de l’essorage puis je l’ai mise à sécher sur le dossier du fauteuil de devant. Ainsi, j’ai fait la moitié du trajet vers Ouaga torse nu. 2H30 plus tard à Boromo, c’était à peu près sec et je pouvais enfin être convenable. A propos de convenable d’ailleurs, après une étape à Ouaga avec déjeuner chez Chantal et Pierre, j’ai repris la route vers Kongoussi et là ce que nous a fait la compagnie de car n’était pas convenable du tout ! Nous étions plus de 110 dans un car de 70 et c’était vraiment du grand n’importe quoi. D’ailleurs, si en arrivant 30 minutes avant le départ, j’ai pu attraper un des derniers fauteuils, je n’en ai guère profité car une femme avec un enfant de 1 an dans un bras (il n’y avait pas la place de le mettre dans le dos…. Je parle du p’tit pas du bras !) et se tenant à une barre de l’autre (je parle du bras pas du p’tit ;-)), s’est retrouvée coincée debout à mon niveau J’ai donc dû lui laisser ma place et je me suis mis en mode « je prends le tram à 7h45 du mat» pendant les 2 heures de trajet.

Enfin, çà ne m’a pas empêché de contempler la route. J’ai été étonné de découvrir des zones assez arides et des champs de mil et de mais, franchement pas extraordinaire, alors même que partout dans le reste du pays il y a en ce moment des herbes folles d’au moins 1 mètre partout et des plants qui montent à 3 voir 4 mètres dans les champs. En fait on est encore un peu loin du sahel, mais vu que le sahel gagne du terrain la culture est de plus en plus difficile et vu que la culture est plus difficile et qu’il faut bien manger pendant la soudure (période pendant laquelle on attend la récolte) ils coupent des arbres pour vendre un peu de bois et vu qu’ils coupent des arbres le sahel progresse et vu que la sahel progresse, la culture est plus difficile…. Bref, j’ai regardé les champs pendant une bonne heure et demi et là je me suis rendu compte que je n’avais plus le même œil qu’avant, car il y a 1 an, je n’aurai vu que les collines qu’on apercevait à l’horizon avec leurs mélanges de couleurs ocre, grise et verte (çà m’a rappelé la ballade dans les montagnes de l’Atlas marocain), que les petites villages avec des cases traditionnelles, que les pêcheurs lançant leurs carrelets dans les rares mares que nous croisions.  Quand aux champs de mais qui captaient tant mon attention, j’aurai certainement trouvé qu’il gâchait ce beau paysage car pas assez pittoresque et bien trop européen. Mais çà fait maintenant 9 mois que je suis là, que je vis ici avec eux et qu’on partage les même joies et les mêmes peines du coup forcément je ne vois plus les choses de la même façon, je les vois avec les yeux d’un local et non plus avec les yeux d’un touriste.

Cependant les alentours de Kongoussi sont magnifiques, d’autant qu’en + pour le moment Kongoussi ne manque pas d’eau grâce au grand lac qui le borde. Donc, j’ai profité de cette semaine de travail pour faire quelques escapades avec le Frère Denis, traverser le radier et monter quelques collines d’où la vue était absolument somptueuse.

Pour le reste, Kongoussi m’a vraiment enchanté. Il est clair que ce n’était pas pour son confort car les Frères ne sont présent que depuis 5 ans à Kongoussi et l’école est en construction. Du coup, on leur prête 3 salles exigües dans lesquelles ils font cours à des 6éme, des 5éme et depuis la rentrée des 4éme. Il n’y a pas de bureau pour l’administration et la communauté loue une petite maison. Alors moi je dormais dans la sacristie de l’église situé 600 mètres au dessus. Sacristie qui était extrêmement sale, qui sert aussi un peu dépotoir, ne ferme pas et ne dispose pas de lumière. Mais bon, j’avais une moustiquaire et enfin de compte à partir du moment où j’ai une moustiquaire moi je suis heureux. Pour le reste, l’accueil était chaleureux et simple avec des Frères qui sont véritablement de belles figures de l’enseignement et de l’Eglise. Vraiment, quand on n’attache pas trop d’importance au confort matériel  et qu’on arrive à accepter les fortes chaleurs on est vraiment bien là-bas.

Puis je suis redescendu le vendredi dans la bouillonnante capitale. Là je dois dire que ce fût une semaine « un peu pas facile », même si avec l’accueil de Chantal et Pierre le we fût très bon, il ne permit pas de suffisamment recharger les batteries et je me suis fait attraper par le palu sauf que cette fois ci , çà n’ avait rien à voir avec le palounet de juillet dernier, là çà ressemblait plus à un viril placage de Chabal avec de fortes courbatures, de puissants maux de têtes continuelles et un bon 40 au thermomètre, le tout sans pouvoir dormir. Bref, çà m’a bien écrasé 4/5 jours et sur ce coup là si la guiness n’a pas suffit, la médecine moderne, n’ a été bonne qu’à me confirmer ce que je savais déjà (c’est une crise de palu), m’inviter à poursuivre le traitement que j’avais commencé tout seul et….me délester de 40 000 F CFA rien que çà. Bref à part mon portefeuille les médecins n’ont rien soigné ! 

Enfin, j’ai tout de même réussi entre 2 montées de fièvre à remplir globalement ma mission au collège La Salle et dés qu’il y a eu du mieux, je me suis occupé de Badenya. Du coup, j’ai pu rentrer sur Bobo dés le mardi suivant soit seulement 3 jours de retard sur le programme.

Je dois dire que je suis bien content de retrouver mon petit chez moi, c’est vrai que c’est toujours un plaisir de partir pour découvrir de nouveaux horizons et de nouveaux visages, mais c’est aussi toujours un plaisir de rentrer et de retrouver ses amis et son petit chez soi… même sans eau ;-))

Là, mon chef m’a accordé 2 jours de repos et j’espère rester à Bobo 2 semaines et puis je pense qu’il faudra à nouveau que je fasse mon sac pour poursuivre les missions.

Hier, j’en ai donc profité pour rendre une petite visite au Père Philippe, on va fixer une date pour voir Benoit, un nouveau coopérant arrivé au séminaire de Koumi pour organiser la bibliothèque, puis j’ai été rendre visite à Alfred pour voir la petite Diana qui est arrivée pendant que j’étais à Kongoussi. Le papa était très inquiet début septembre car les médecins lui avait annoncé la naissance pour août, du coup il était allé au dispensaire où on l’avait rassuré en lui disant que la grossesse peut durer jusqu’à 12 mois! Moi quand il m’avait raconté çà j’avais bien failli m’étrangler, mais il m’avait semblé plus sage de ne pas broncher pour ne pas l’inquiéter. La petite bougeait dans le ventre et c’était ben là l’essentiel. Pour le prénom contrairement à chez nous ce ne sont pas les parents mais les gd-parents qui en décident 8 jours après la naissance. En tout cas les parents sont contents du prénom et Alfred et moi on est allé fêter çà au cabaret en vidant quelques calebasses de dolo.

Ce we Laurent monte de Banfora, il sera peut être accompagné d’Amandine une nouvelle coopérante qui travaille comme lui au collège St Viateur . J’espère qu’on va pouvoir se faire un p’tit tour du côté de Koro qui est un p’tit village à 20 Km sur la route de Ouaga.

A part çà la saison des pluies touchent sérieusement à sa fin, la chaleur revient en force et les pluies commencent à se faire rares. Ainsi, si Ouaga a été ravagé par 30 cm de pluie en 24 heures le 01/09, pas une goutte de pluie n’est tombée sur la capitale depuis le 15/09. Le problème c’est qu’il faut normalement encore une pluie par semaine pour que les cultures offrent de belles récoltes, du coup dans certaines zones du pays les récoltes risquent d’être maigres.

J’espère que de votre côté tout va bien, à bientôt.

 

Biz

 

Et maintenant les p’tits jeux ! La réponse au jeu du mois de septembre était 30 (24+6) et pour la petite histoire si vous vous avez été archi nul avec chacun une réponse différente mais systématiquement fausse, il se trouve que j’ai trouvé quelqu’un à Ouaga qui lui a trouvé directement la bonne réponse, bon il est toutefois juste de préciser qu’il s’agit d’un ivoirien et qu’il y a donc peut être délit d’initié ;-))

 

Pour ce mois ci, le jeu consiste à trouver l’utilité PREMIERE de ce terrain vague situé dans la ville de Nouna. Attention, les fonctions secondaires seront considérées comme des mauvaises réponses. Bonne réflexion à tous et j’espère que ce coup là il y aura un gagnant… sinon il faudra que je pose des questions plus simples mais ce sera moins drôle ;-))

 

 


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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 12:25

Et l’accouchement ne fût pas sans douleur comme vous allez le constater ! En tout cas, devenu par ma mission trotteurs du Faso puis par extension supporter des Etalons, J’ai galopé vers la billetterie du déplacement organisé par le comité de soutien pour le match Eléphants-Etalons qui se jouait samedi dans la capitale Ivoirienne.

Belle occasion de découvrir la Côte d’Ivoire, Abidjan et de vivre à nouveau un grand match de foot sur ce continent, le tout à coût très réduit vu qu’il n’était demandé que 15 000 FCFA (23 E) pour le déplacement en car, l’hébergement et la place dans les tribunes alors que le seul déplacement coûte + de 60 000 CFA si je veux y aller par mes propres moyens. Dernier avantage non négligeable, pas besoin de visa car aucun contrôle n’est effectué sur les cars de supporters, ce qui permet d’économiser encore 25 000 F CFA. Bref bon plan !

Au programme :

-         Départ le jeudi à 7h00 de Bobo en car pour 975 Km à parcourir dans un temps estimé de 10 à 12 H de route.

-         Arrivée en début de soirée sur Abidjan et installation dans le lieu d’hébergement

-         Vendredi libre pour les visites

-         Samedi matin libre puis RDV à 12H pour aller en car chercher les billets au consulat avant de rejoindre le stade Félix Boué.

-         Samedi nuit libre pour refaire le match dans les maquis de la ville

-         Dimanche matin, départ entre 05 et 7H pour arrivée en début de soirée à Bobo.

Ce programme séduisant, ainsi que mon enthousiasme après avoir vécu le match aller à Ouaga, ont suffit à convaincre Adi, Martin (coopérants de Banfo) + François (un de leurs amis en vacances) de se joindre à moi dans cette expédition.

 

Ainsi, jeudi matin le réveil a sonné à 5h00 pour prendre un p’tit dej tranquillement avant de gagner à pattes le stade Wobi de Bobo, lieu du départ. Nous étions sur place à 6h30 conformément à ce que nous avions prévu histoire d’être à l’aise sur le timing, même si je me doutais bien qu’un retard de une à 2 heures était tout à fait probable. D’ailleurs, le car n’était0 pas encore arrivé et nous commençons à patienter tranquillement à l’ombre d’un arbre… 1h, 2h… là on voit un panneau indiquant que le départ est reporté à 10h. Nous patientons toujours  1h,2h… là on apprend que nous devons partir en convoi avec les supporters de Ouaga pour être escorter sur le trajet par les militaires, que notre car doit venir à vide de Ouaga dans le convoi et que les organisateurs Ouagalais ont connu des difficultés pour obtenir les ordres de missions et les subventions pour le déplacement à cause des inondations 2 jours avant dans la capitale, en conséquence ceux-ci ne décolle de Ouaga qu’à 10h00 et nous devons être au point de RDV à 14h00 pour un départ à 15h00. Soit, retour à la maison pour le déjeuner et prendre une petite douche puis nouveau départ vers le stade Wobi à 13h30… stupéfaction, maintenant le tableau indique 20h00 !!! Je vais donc à la pêche aux infos auprès du bureau de la Ligue régionale et j’apprends que Ouaga a également des difficultés pour obtenir les cars, mais qu’ils viennent d’assurer à Bobo que tout est désormais réglé et que nous partirons bien à 20h00. Bon, ben nous on avait pas envie de refaire un 3 éme aller-retour à pattes vers la maison donc on s’est trouvé un maquis pour taper le carton autour d’une petite bière et passer le temps.

18h30 nous revoilà au stade Wobi, quelques infos circulent, les Ouagalais  sont en route, ils sont à Boromo (mi-chemin) et seront donc à Bobo à 21h00… 2 heures + tard nouvelle info, les Ouagalais ont joint nos dirigeants à 19h35 pour les informer qu’en fait ils n’ont pas pu obtenir de car pour nous et que nous devons trouver notre propre car !!! Les contacts sont réactivés pour obtenir un car et nos dirigeants nous promettent l’arrivée de celui-ci pour 22h00. De fait à 22h20 il arrive. Sauf qu’il est sensé être de 70 places, hors il n’en fait que 50, que 50 places ont été vendus officiellement + à peu près autant sans être porté sur les listes et qu’en + il faut monter les 30 personnes que constitue les dirigeants et ambianceurs officiels de tribune ! Arghh 130 dans un car de 50 là c’est totalement injouable, il faut trouver un autre car et prendre des dispositions concernant ceux qui ont payés et qui ne sont pas sur les listes. Finalement tout se solutionne, un nouveau car doit arriver à 23h00 avec 70 places, les 50 inscrits + les 30 personnes le prendront et pour les autres il est proposé soit le remboursement soit d’affréter un nouveau car mais avec un surcoût de 15 000 FCFA. Nous on est bien sur la liste et le fameux car arrive à 23h15 ; suit ½ heure de palabres et de chargement et nous sommes enfin près pour le grand départ. Seul petit détail, les Ouagalais que nous devons attendre sont officiellement à Houndé (environ 1h00 de route de Bobo) mais en réalité ils sont à 40km de Ouaga (environ 4h30 de route de Bobo) la décision est prise de partir sans eux et de les attendre à la frontières pour éviter que les supporters qui ont déjà attendu 17 h00 ne finissent par exploser dans un car qui ne fait finalement que 60 places pour 80 personnes, enfin bon pour 1/3 de + ont va pas chipoter on met des bancs et des tabourets au milieu, on en laisse 5/6 debout et çà rentre.

00h00, çà y est nous sommes partis ! Nous gagnons rapidement la frontière et attendons les Ouagalais pour reprendre la route vers 4h30. Bonne nouvelle, finalement ils sont arrivés avec un car à vide donc tous les cars surchargés peuvent remplir les 70 places dispo, il n’en restera d’ailleurs pas une de vide. Vu que l’info a été transmise en moret (langue des mossis) nous n’avons pas eu la chance d’y monter et la traversée va devoir se faire dans ce vieux car un peu défoncé, alors que le nouveau proposait clim, sièges confortables et même vidéo, tampis.

On repart donc enfin au sein d’un convoi comptant 12 cars pour environ 840 supporters. La route entre la frontière et Ferkessedougou (150KM) est complétement défoncé ce qui fait que nous y faisons escale à 12h00, nous avons alors parcouru seulement 1/3 du trajet. Bon, ben c’est comme çà de toutes les façons s’énerver ne changerait pas grand-chose. On repart et on profite du paysage, vu qu’on a bien le temps d’en profiter. La végétation ressemble dans ces grandes lignes à celle qu’on connaît au Faso, sauf qu’ici il n’y a que très peu de villages au bord de la route et que les terres sont beaucoup plus sauvages, moins exploités. Ainsi plus on avance plus on trouve une brousse tropicale, très arboré et dense sur 15 mètres de hauteur ou se mélangent cocotiers, bananiers, rôniers, acacias,  caïcédras, frangipaniers, capotiers puis de temps en temps un peu de maïs. Finalement, la route se passe, une petite panne d’embrayage réparée sap-sap en 30 minutes, un accident bénin avec un minibus qui a crevé en sens inverse, puis perdu le contrôle de son véhicule et a embrassé l’aile du car sur toute sa longueur (2 sec + tard çà donnait un choc frontal). Du coup encore une grosse ½ H pour constater les dégâts et échanger les n° puis remercier le chauffeur d’avoir eu la présence d’esprit de se déporter habillement sur le côté et de conserver l’allure plutôt que de freiner, une petite prière pour la suite du trajet et c’est reparti ! A 20h00 voilà (enfin) Abidjan. Nous entrons dans la ville avec un  accueil très fraternel où toutes les femmes et les enfants sortent des maisons pour saluer le convoi et les supporters se chambrent amicalement sur le score futur. La surprise, c’est qu’Abidjan n’a rien d’une ville Africaine, mais ressemble vraiment à une ville Européenne. Il y a plein de voitures qui circulent sur des grandes artères même pas défoncées, quasiment aucune moto. La ville est toute illuminée et compte un grand nombre d’immeubles et d’usines. Des grands panneaux publicitaires dont certains sous forme d’écrans géants jalonnent les routes. Nous longeons la lagune et gagnons le ministère de la jeunesse et des sports qui va nous héberger. Là, nouvelle surprise, il n’y a que 300 matelas dont le tiers ne peut entrer dans les locaux par manque de place. Les supporters qui ont de la famille sur place sont donc invités à la rejoindre et ceux qui le peuvent et le veulent bien sont conviés à prendre un hôtel. Nous on arrive à obtenir une pièce avec un matelas pour chacun. Nickel. Il ne nous reste plus qu’a remplir les estomacs et nous réhydrater un peu ; un maquis à la sortie du ministère fait l’affaire. C’est aussi l’occasion de répondre aux nombreuses sollicitations des médias dont nous sommes l’objet (des blancs qui se déplacent pour supporter les étalons c’est pas tous les ans !) et de prendre contact avec les locaux pour glaner quelques infos précieuses pour les visites du lendemain matin.

Réveil 07h00, après une nuit un peu compliqué sur nos matelas sans moustiquaires. Départ pour la gare fluviale de Treichville, quartier populaire qui accueillait les manœuvres du temps de la colonisation et qui fait face au « Plateau » quartier situé de l’autre côté de la lagune qui accueillait lui les colons. Là on trouve un bon plan en s’intégrant au départ d’une navette réservée par un groupe à 9h00 qui part passer la journée sur une île de la lagune, du coup nous ne payerons que 2000 F CFA pour une visite commentée du port autonome suivi d’une ballade entre les îles de la lagune le tout sur 2 heures. C’est vraiment un coin magnifique que les palmiers rendent paradisiaque. Les clichés qu’on n’y prend n’ont rien à envier aux mythiques cartes postales d’île à farniente. Pour ceux que çà intéresse, un terrain de 1700 M2 sur une île de la lagune avec bien évidemment un accès direct à l’eau coûte actuellement 23 KE (penser à prévoir un réservoir d’eau douce et un générateur d’électricité pour l’habitation).

A 13h00 tout le monde est autour des cars parés de sa + belles tenues de supporters, les sifflets, les tambours  et les danses qui les accompagnent ambiancent  tout le monde  et nous prenons la route vers 13h30 pour le consulat. Nous récupérons les billets vers 15h30 dans une ville en ébullition, une fête toujours aussi sympa et fraternelle. A 16h00 nous arrivons dans le stade qui ne compte ce jour là que 20000 places au lieu des 36 000 habituelles compte tenu de la survente ayant eu lieu lors du dernier match contre le Malawi et ayant entraîné un mouvement de foule, la chute d’un mur et le décès de 19 supporters. A œil de stadier, nous devions plutôt être 25000 dans les tribunes au début de la rencontre mais çà laissait encore beaucoup d’espace et il n’y a vraiment eu aucun problème de sécurité. Je n’en doutais d’ailleurs aucunement car mon expérience de stadier fait que je sais pertinemment qu’il n y’ a aucun match plus tranquille que celui qui suit un match à gros problème.

Son Excellence le président Laurent Gbagbo nous a honoré de sa présence dans les tribunes avec une entrée digne du prestige de son rang, arrivant en voiture dans le stade puis en faisant le tour du terrain pour saluer la foule avant le protocole officiel. (je n’en dis pas davantage pour ne pas influencer votre réponse dans le concours du mois que je vous ai réservé pour la fin de ce post).

Le match en lui-même fût catastrophique pour les Etalons qui ont perdu tout espoirs de participer à la coupe du monde en arrêtant de jouer après un second but encaissé en début de 2nde période ce qui leur a valu de rentrer les valises pleines avec un cinglant 5-0. Déçus, certains supporters ont quittés les travées du stade avant le coup de sifflet final et une fois celui-ci donné nous avons regagné notre car pour retrouver nos quartiers au ministère de la jeunesse avant de prendre la route de notre maquis de la veille où nous avions fixé RDV  avec les grands Frères ivoiriens pour consoler les perdants. Vraiment, le temps de la guerre et des massacres fratricides est aujourd’hui loin. Certains Ivoiriens avouant même s’être énervé devant leurs écrans contre les Eléphants qui ont continué à enfoncer les Etalons à la dérive après 3-0 alors que la qualif pour la coupe du monde était déjà assurée ‘‘s’était méchant pour nos p’tits frères’’. Là-dessus, vu que le départ le lendemain a été décalé à 14h00 je sollicite Didier pour nous guider à Grand-Bassam d’où est originaire sa maman. C’est l’ancienne capitale coloniale située en bord de mer à 25 Km de la ville dont la réputation de la plage n’est plus à faire.

Le Dimanche matin les réveils sonnent à 7h. Nous retrouvons Didier à 7h30 + 2 autres supporters burkinabés. Un p’tit coup de taxi pour attraper à Treichville la gare des taxis-brousse et c’est avec un brin de nostalgie que je me retrouve assis sur la banquette arrière d’une 505 familiale ;-)) Vraiment cette bagnole est spacieuse, vu que nous le chauffeur a réussi à y trouver 9 places assises !

Arrivé à Grand-Bassam, on se fait une ballade dans la ville pour découvrir les monuments et leurs histoires ainsi que pour stocker quelques binouzes que nous viderons en front de mer. Puis on arrive face à l’océan. La saison fait que le temps est un peu bouché, mais j’ai retrouvé le même océan, frais, puissant, projetant avec force ses vagues qui envoient un nuage d’embruns sur une plage longue de plusieurs centaines de km. A l’ombre des cocotiers se succèdent les paillottes avec leurs chaises longues et parasol en coco. Oui, c’est vraiment une plage de style cap verdien, une plage de rêve et moi dans tout çà je suis heureux comme un gosse. On ne tarde pas à se poser dans une paillotte, il ne faut alors qu’un éclair de temps pour que je me retrouve en maillot  à  jouer dans les vagues. UN VRAI ET GRAND BONHEUR ! Parole de Breton. Après je regagne la paillotte à siroter une p’tite bière en regardant la mer. Avec l’heure qui avance, les jeunes arrivent en nombre pour passer la journée sur la plage, les commerçants défilent avec leurs artisanats et leurs fruits. On se laisse tenter par une bonne coco. On mange un plat d’alocos (banane plantain) frit avec un bon poisson grillé puis vient le temps de la photo souvenir sur la plage ainsi que du cadeau aux visiteurs (ici en Afrique c’est l’hôte (Didier) qui fait un cadeau pour remercier ses invités d’être venu) en l’occurrence un masque BEDE tribu dont il est originaire et enfin on reprend la route pour être à 14h00 dans le car pour le départ.

Le départ se fait à 14h30 et nous arrivons à Bobo à 1h30 du mat le … mardi ! Eh oui, encore des pannes et des pannes + une pause de 22h à 04h du mat à Yamoussoukro pour éviter d’éventuels coupeurs de route. Bref, en tout cas çà fait quand même un trajet de 35 heures de car et pour les 975 Km parcourus çà nous donne une vitesse moyenne ébouriffante de 27.8 Km/h ! En clair, en vélo on aurait pu être + rapide.

En tout cas ce petit périple fût vraiment un voyage à l’africaine avec toutes ses émotions bonnes et moins bonnes qui se sont enchaînées, ses difficultés, ses joies et çà restera un super souvenir.

Maintenant je suis de retour aux activités et devenez ce qui m’attends ? du car bien sûr ;-)) En effet il va falloir que dans les 15 jours/3 semaines je passe à Ouaga voir les Etablissements La Salle et Badenya puis que je remonte jusqu’à Kongoussi au nord de Ouaga avant d’aller à Nouna au nord de Bobo + éventuellement Diebougou encore une fois, mais là je vais tenter de me dérober car çà va faire beaucoup trop vu que sur chaque site je dois former 3 personnes + réaliser un audit et que parallèlement a çà je travaille également à la rédaction de procédures qui doivent être présentée pour le 01 octobre. Ce qui est sûr c’est que du goudron j’ai pas fini d’en voir et que le boulot ne manque pas en ce moment !

Conclusion : il y a un déplacement de prévu pour supporter les étalons le 04 octobre prochain en Guinée Conakry soit la bagatelle de 1400 à 1500 Km de Bobo aller, eh bien vous allez peut être pas me croire, mais d’hors et déjà…. je déclare forfait ! ;-)) En revanche, j’essaierai d’aller supporter les Etalons une dernière fois le 25 octobre à Ouaga contre le Malawi.

 

Biz générale

Ambissini (à demain)

 

Ps : le jeu du mois !

Son excellence Laurent Gbagbo est arrivé dans le stade en voiture par la piste d’athlétisme avant de faire un tour de pelouse pour saluer la foule. En regardant la photo et en sachant que 6 véhicules n’ont pas pu rentrer dans l’enceinte, combien d’autos composaient l’escorte présidentielle ? (je suis sympa, je ne vous rajoute pas les motos ;-))

 

Réponse dans le prochain n°. Pour les gagnants (il faut bien un prix) j'offre une biére à Bobo (le déplacement est à votre charge, mais la biére est bonne et fraîche donc çà vaut le coup ;-))


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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 17:11

J’ai profité de l’été pour m’offrir une petite trêve des confiseurs dans la gestion du blog, enfin pour être honnête ce n’était pas complètement par choix vu que j’ai été débordé avec seulement 3 jours passer seul chez moi depuis le 20 juillet et quand ce n’était pas moi qui était débordé s’était les riviéres et barrages qui débordaient entrainant des pannes de courant et d’internet. La mousson est donc maintenant bien installée avec des pluies beaucoup + régulières obligeant tout le monde à passer davantage de temps dans sa tanière. Enfin presque tout le monde, vu qu’il y a toujours des p’tits malins pressés qui rentre du taf sous une pluie battante en traversant tant bien que mal les rivières d’eaux boueuses barrant les routes pour gagner leurs pénates avant tout le monde. Mais rassurez vous dés le lendemain avec une bonne crève ils ont l’air beaucoup moins malin. Quoi ? vous pensez que c’est encore moi ? bon ok c’est possible et je vais peut être penser à changer  le nom de ce blog  trop bien nommé car le mois dernier c’était infection plantaire à cause d’une bactérie (une semaine sans pouvoir poser le pied) + un p’tit palu.

En tout cas, je vais bientôt devenir un Vidal sur pattes des maladies africaines et certains médicaments ne sont pas dénués d’intérêts. Ainsi, en cas de palu laisser tomber les médecins et la malarone (j’ai essayé c’est pas super efficace) et prenez 2 Guiness de 65 CL. L’action est quasi instantanée, dés la première bière ingurgitée les courbatures disparaissent et la fièvre tombe. Il ne reste plus qu’à vider la 2nde par sécurité et c’est gagné! (si vous en videz une troisième, c’est plus de la médecine mais de la gourmandise) Bon, vu que rien n’est parfait non plus, l’effet secondaire indésirable est le caractère puissamment diurétique du médoc, mais il vaut mieux aller pisser tout les ¼ d’heure que de faire un stage à l’hosto dans une chambre sans moustiquaire… pour soigner votre palu ;-))

 

P’tit bobo à part tout va bien à Bobo et j’ai mis à profit ces dernières semaines à l’enrichissement de mes connaissances en saveur culinaire. Eh oui me voilà reparti à vous parler de mon ventre !

Çà y est j’ai mangé mon premier plat ‘‘d’autre viande’’. Il n’y a que très peu de kermesses dans les cabarets en ce moment à cause de l’incertitude météorologique et Hubert (un ancien coopérant qui a habité mon logement) qui est venu à la maison avec 3 amis  m’a fait part de son souhait de renouer avec ces saveurs. J’ai donc sollicité Alfred qui s’est occupé de me négocier un bon morceau sur un marché à l’extérieur de la ville et a mis sa femme au fourneau pour nous mitonner çà avec une sauce tomate aux petits oignons…. Un délice !

De retour en France, j’en connais qui auront intérêt à ne pas venir aboyer au hasard sous ma fenêtre la nuit s’ils ne veulent pas disparaître dans mon estomac.

Avant çà, lors d’une mission à Diebougou, les Frères ont eu la délicate intention de me préparer un morceau de caiman (décidemment les crocos et moi à Diebougou çà commence à devenir une grande histoire, enfin tant que c’est moi qu’ils nourrissent et pas l’inverse…) et vu que sur les 3 Frères 2 ne pouvaient pas en manger pour cause de totem ethnique ou familial, il y avait vraiment de quoi faire et je me suis régalé ! c’est une viande blanche comme le poulet en plus ferme. Pour la préparer, si vous venez à en attraper un dans la loire ou le gesvre, je vous conseille de bouillir un morceau puis de la saisir au feu de bois et là croyez moi c’est très propre ;-))

Caiman et autre viande à part, je ne peux pas clôturer ma rubrique ‘‘ bon appétit, bien sûr’’ sans vous parlez de la star bobolaise de l’été… le chitoumou (la chenille) ! Ici, on dit qu’on ne peut pas être bobo si on aime pas les chenilles et je peux vous assurez qu’il y a beaucoup de vrai bobos à bobo d’ailleurs c’est même l’occasion de faire une fête sur 3 jour en l’honneur du chitoumou avec concours culinaire et tout le tatouin. Les chenilles sont récoltées sur les karités (il y en a aussi sur les caicédras comme dans ma cour, mais elles sont plus velues, plus grosses  et moins bonnes). Au début de la saison en juillet, le pot (boite d’1 litre de concentré de tomate) coûtait 2000 F CFA (3 E) autrement dit une fortune, mais avec l’intensification des pluies, la production a fortement augmentée et le temps de commercialisation diminuée, donc le prix du pot est descendu à 200 FCFA. Les chenilles sont bouillies avant d’être commercialisées et l’on comprend l’engouement des bobos pour les chenilles au nombre d’étales qui ont fleuries de partout pour en vendre. Il y en a dans tous les 6 mètres et tout les 5 pas au niveau des marchés. Mes premières, je les ai dégustées chez Ibra revenues à l’huile avec des petits oignons, mais elles n’étaient pas tout à fait assez cuitent à mon goût et j’avais un peu trop conscience de ce que j’envoyais sous mes dents. Toutefois, la chenille c’est comme la cigarette, la première fois c’est pas géniale mais après on ne peut + s’en passer ;-)) Croyez moi, quand elles sont bien croustillantes avec une petite sauce tomate et des pâtes ou dans un bout de baguette avec de la mayo et un peu de sauce piment ou encore en soupe, c’est très propre (excellent). En tout cas, j’ai  pas fini d’en profiter, vu que les bobos s’amusent de voir que j’aime bien çà et du coup, j’ai encore un bon p’tit nombre d’invitation à honorer avant la fin de la saison (fin septembre).

 

A propos, d’invitation à honorer pour manger des chenilles, j’en ai une chez Alfred qui a vraiment une famille que j’apprécie de plus en plus. Bien évidemment, le panier en osier que m’a offert sa vieille (sa maman) qui doit friser les 80 ans et qui tresse çà avec habileté de ses mains, m’a énormément touché, mais c’est bien au-delà des petits cadeaux. Pour prendre l’exemple de sa vieille, vous verriez cette petite femme courbée par le poids des ans, s’activer toute la journée entre les fourneaux et la confection de paniers, vous la trouveriez déjà touchante. Mais en voyant son visage s’illuminer quand une fois dans la cour vous vous dirigez vers elle pour la saluer en bobo, quand elle vous tient la main de ses deux mains frêles et vous bénit après les salutations d’usage, là vraiment çà vous chauffe le cœur et vous vous sentez petit. Vraiment c’est une grande richesse de les connaître et c’est toujours un plaisir de passer les voir avec d’abord tous les enfants du quartier qui crient ‘‘YANN - YANN’’ quand j’arrive à pied (çà change des classiques TOUBABOU ou LE BLANCHE) puis les 2 petits d’Alfred Pelagie et Isidore qui viennent dire Bonjour à tonton avant de saluer la vieille et enfin Alfred et sa femme puis de m’éclipser avec Alfred pour aller vider Une ou 2 calebasses dans un cabaret voisin.

 

…. 3 semaines plus tard…. Je suis vraiment au four et au moulin en ce moment, vu que j’enchaîne les missions (Diebougou à nouveau puis Toussiana à partir de demain) et qu’on est en plein dans la saison du blanc. Oui que de touristes ! Il y a toujours un coopérant ou un ptit groupe de personnes qui connaissent une personne qui me connaît et voilà comment la maison ne désemplie pas. Du coup, suite à une annulation de visite de 2 coopérants ce WE c’est le premier jour depuis 5 semaines où je suis seul chez moi. C’est un peu fatiguant mais c’est très sympa d’avoir du monde. Çà a été l’occasion de quelques ballades notamment aux cascades de Banfo et dans la forêt de Kou, (photo prise au pied d'un capotiers) de bonnes parties de tarot et de me faire offrir quelques bonnes tables ainsi que de bien profiter de la bière ! En plus, j’y ai gagné le confort pour les suivant vu qu’on m’a offert un torchon, une serpillère, des verres et des cuillères et fourchettes qui manquaient cruellement.Jusqu’à présent dès qu’il y avait du monde on mangeait avec les doigts et on se passait les verres, bref c’est devenu le grand luxe ici ! (ci dessus petite photo prise à la maison autour de mon pote Wilson que j'entretiens depuis mon arrivée avec mon couteau ... ceux qui ont vu le film "seul au monde" comprendront l'origine du nom.)

 

Dans tout çà d’ailleurs, j’ai toujours pas trouvé le temps d’essayer la 125 cm3 que m’a prêté le Père Philippe avant de rentrer pour les congés en France, mais c’est pas bien grave d’autant que pour être honnête je la trouve assez lourde et le coup des vitesses à passer avec l’embrayage c’est pas aussi simple qu’une P50, donc c’est peut être pas + mal.

 

La semaine dernière, j’ai profité de ma mission à Diébougou pour faire un crochet le 15 par Dissin et faire ainsi d’une pierre 2 coup, vu que j’ai pu profiter de la fête mariale du 15 août là-bas (c’est l’endroit du Faso ou se tient la + grande fête à cette date) et voir daccord (le frère d’Ibra qui travaille là bas). Si les processions dansantes pendant la messe étaient sympa de l’avis générale le folklore à cependant un peu trop pris le pas sur la célébration et j’ai emboité le pas du Frère Raoul lorsqu’ il est sortie pendant les danses qui suivaient la communion, n’ayant pas envie de subir encore 15 minutes de farandoles et 1 heure de discours dans une langue que je ne comprends pas, chaque représentant de délégation y allant de son petit blabla en daffin puis traduit en dioula. En même temps, on en était déjà à 4h30 de célébration et il était largement l’heure d’aller ronger quelques os de poulets et vider quelques chopines avec daccord et la diaspora Bobos de Dissin, ce qui fût fait et même bien fait ;-))

 

Concernant le travail, les avancées sont certes inégales selon les établissements, mais je commence à voir les fruits du travail réalisé depuis 8 mois et c’est vraiment encourageant.

En tout cas le programme des prochaines semaines devraient être bien chargé, car j’ai l’impression que je vais devoir bouger au 4 coins du pays pour passer voir un peu tous les établissements en cette période de rentrée, de plus les WE seront également bien rempli vu que pour les 2 prochains la maison est déjà réservée.

 

C’est dans ces moments là que je me souviens de mes posts du début où je disais qu’ici c’est cool, c’est reposant, on a le temps… en fin de compte je comprends qu’on a le temps quand on connaît personne, mais après c’est très différent. Du reste, j’ai toujours préféré voir du monde et tourner dans tout les sens donc çà me va très bien. D’ailleurs, mes objectifs de visites sur les 2 prochains mois sont Dafra à 10 km de Bobo qui est un des 2 lieux sacrés d’Afrique de l’Ouest où on pratique les sacrifices animistes à la chaîne et Koro un petit village très sympa à 20 Km sur la route de Ouaga + éventuellement la mare aux hippos à 65 Km sur la route de Dédougou.

 

En tout cas, j’ai toujours le temps de penser à vous et à la France et je ne manquerai pas de vous écrire à nouveau fin septembre. Les nouvelles que vous m’envoyez me font toujours autant plaisir, d’autant que les dernières reçues n’étaient que des bonnes nouvelles entre les naissances, les préparatifs de mariage, les petits qui grandissent bien, les vacances des uns et des autres et même la probable visite du frangin en fin d’année (pour fêter çà, j’ai fait flamber de l’ananas et de la banane dans le rhum, c’était très propre ;-))

 

Doni (a+)

 

Yann

 

Ps : le pot de chitoumou est remonté à 1000 F et si l’an prochain ils n’ont pas encore trouvé le moyen de les mettre en conserve, je pense que je profiterai de la période ou les prix sont ecrasés pour spéculer dessus, il suffit juste de les refaire bouillir avec un peu de potasse, de les mettre à sécher sur une table avec un ventilo pour éviter l’humidité et bien évidemment de ne pas toutes les bouffer. Cà me semble très jouable. Je sais ce que vous vous dîtes : ‘‘chasser le bankster il revient au galop’’ Mais bon spéculer sur le marché de la chenille ce sera vraisemblablement une occasion unique et c’est quand même beaucoup plus fun que d’acheter une ligne de chiffres sur un ordi donnant droit à une option sur un baril de brent ! ;-)) Enfin on en est pas à l’été prochain c’est très loin.

 

Pps : Encore 15 jours + tard … Décidement je ne vais jamais le poster ce message ! Enfin c’est l’occasion pour moi de décerner la médaille d’or des connards du mois. Eh oui, pour la premiére fois je suis grossier et pour la premiére fois également j’ai eu une franche prise de bec avec un africain ou chacun à essayer de gueuler + fort que l’autre en montrant ses gros bras (moi j’ai dû me contenter de ma grande gueule, absence de gros bras oblige, mais faîtes moi confiance j'ai très bien compensé) Pourquoi tant de haine me direz vous ? ben en fait des élagueurs sont venus chez moi et rapidement ils ne se sont pas contentés d’élaguer, mais ce sont mis à tout couper n’importe comment. Je leur ai demandé d’y aller doucement car moi j’aime bien mes arbres, de couper que le nécessaire et de faire attention à mes petites plantations que j’ai arrosé au sceau d’eau pendant 6 mois… bilan des courses, ils ont tout coupés n’importe comment et mon beau jardin ressemble maintenant à un cimetière, mes plantes ont été cassées tout comme mon barbecue et … ma maison ! Oui rien que çà ! Au lieu de couper uniquement les petites branches, ils ont coupé en bas des troncs et un arbre s’est abattu sur mon toit alors que j’étais là. Heureusement d’ailleurs que j’étais là car eux çà ne les auraient pas gêné de laisser ma maison avec une tôle en Z et le bois de la charpente brisé ! Là, j’ai montré que je n’étais pas content surtout qd ils ont eu le culot de me dire que c’était à cause du vent et pour couronner le tout le responsable à qui j’ai exigé une vraie réparation de la maison et refuser le bricolage façon-façon qu’il souhaitait faire s’est énervé et s’est mis à hurler sur moi à l’africaine… là çà a chauffé et il a trouvé du répondant. En tout cas ½ heure + tard, mon chef est passé chez moi pour me présenter ses excuses au nom des Frères et à exiger que ce trou duc de bucheron s’excuse également et fasse une vraie réparation. C’est bête mais parfois avec les gens bête il faut être bête et si je n’avais pas gueuler encore + fort que lui et fais remonter tout de suite haut le problème, cet imbécile de bûcheron m’aurait pris pour un con et ne m’aurait pas respecté, alors que maintenant je suis sûr qu’il ne fera + le malin avec moi car désormais il sait que je suis con mais qu'il ne faut pas me prendre pour un con ;-))


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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /Juil /2009 17:23

Comme promis, je vais commencer ce post en vous racontant mon déplacement à Ouaga pour le match au sommet de la poule 4 : Etalons-Eléphants. Le match était attendu dans toute l’Afrique de l’Ouest, le Burkina fort de ses 6 matchs consécutifs sans défaite, étant la seule équipe pouvant espérer priver les Eléphants ivoiriens d’une qualif pour la coupe du monde. Par ailleurs, si les Etalons n’ont jamais vaincu les Eléphants, les oppositions entre les 2 équipes ont toujours eu la résonnance d’un derby, les massacres de Burkinabés pendant la crise de l’ivoirité en CI au début de 96 à 2004 non donné que plus d’ampleur à l’enjeu de ces confrontations. Enfin c’est contre la Côte d’Ivoire que les Etalons avaient validés leur premier billet pour la CAN 96 en Afrique du Sud, les africains sont très superstitieux et il se trouve que la coupe du monde se jouera l’an prochain en… Afrique du Sud. N’en jeter plus pour déchaîner les foules, tout est là ! La Fifa l’aura plus ou moins compris en déclarant le match à risques et en imposant les niveaux de sécurité que cela impose autour et dans le stade. (Je reviendrai sur le « plus ou moins » un peu plus tard.)

Une semaine avant la rencontre, on a commencé à voir fleurir les maillots des Etalons dans Bobo . 3 jours avant la rencontre, les drapeaux ont inondés la ville. Sur les Commerces, les maisons, à se promener en moto ou même à pied. Moi je suis parti la veille du match dans le car affrété par le comité de soutien régional des Etalons et déjà tout le pays était en pleine effervescence (on m’a rapporté qu’étant en rupture de stock de maillot au grand marché de Bobo, les commerçants essayaient de revendre des maillots  du Cameroun pour des maillots du Faso). Avant de monter dans le car, j’ai adoré l’appel « ne poussez pas, il y a 70 places dans le car et vous êtes 67 », en fait je doute franchement des 70 places, mais je n’ai aucun doute sur le nombre de supporters à être monté… on était bien 90 ! Qu’à cela ne tienne, 2 bancs en bois nous rejoignent par les fenêtres pour permettre à une quinzaine de personnes de s’assoir dans l’allée, d’autres s’assoient dans les marches du bus y compris à l’arrière sur la toute dernière marche alors que la porte ne fermait pas et les derniers restent debout. Sur le trajet, en quittant Bobo, comme dans chaque village traversé, tout le monde nous applaudis, nous encourage et nous salut un peu comme si on était chargé de les représenter dans le stade. D’ailleurs que fait un bon supporter ? Il chante ? Et bien non ! Soyons logique, en brousse personne ou presque ne parle français et chacun parle son dialecte, alors que voulez vous chanter tous ensemble ! Du coup, le bon supporter à tout l’attirail pour faire du bruit. Et là tout est permis, maracas, siflets, tambours, cornes de brume, trompettes… la liste est loin d’être exhaustive. Bref, il faut faire un maximum de bruit et puis se dandiner ou danser et là c’est propre (c’est parfait).

Finalement après être parti à 10h nous sommes arrivé vers 17h30 (normalement le trajet prend un peu moins de 5 heures, mais les palabres avant de partir, les palabres à la station service et l’âge du car on fait progresser la durée du trajet de 50%) et avons eu nos précieux sésame une heure après. Là je respirais  un peu d’avoir mon billet en main car je ne connais que trop l’organisation africaine et je savais que ce n’était pas parce qu’on nous avait dit que le billet était compris qu’on aurait un billet a fortiori car le match se jouait à guichet fermé et qu’au marché noir leur prix s’est envolé de 1000%. Bref, il ne me restait plus qu’à entrer dans le stade le lendemain et d’être patient  car selon mes sources, il fallait être au stade entre 8h00 et 10h00 pour espérer rentrer avant que les militaires ne referment les grilles estimant les tribunes pleines.

J’ai profité alors de la soirée pour retrouver les coopérants de Ouaga, Fada et Kaya et notamment Chantal qui chantait dans une chorale de gospel au CCF (Centre Culturel Français). Finalement le lendemain matin vu que la pluie menaçait j’ai attendu un peu avant de prendre la direction du stade et c’est sans étonnement qu’en arrivant à 10h30 près du stade, je me retrouvais bloqué par un périmètre de sécurité qui m’annonçait qu’exceptionnellement le stade n’ouvrirait qu’à 13 heures … les instances n’ayant bien évidemment pas jugé nécessaire de faire circuler l’info. Pendant ce temps, j’ai donc pu voir la température monter en ville, avec l’effervescence des supporters dans un brouhaha de klaxons, trompettes et sifflet puis je suis rentré dans une cohue tout à fait raisonnable dans le stade à 13h30.

Coup de bol, les places les moins chères sont situées en face de la tribune présidentielle comme à Lens, donc j’étais super bien placé. A 14h00 la moitié du stade était plein, à 15h00 les ¾ et à 16 heures il n’y avait plus de places… en fait un peu avant çà vu qu’un de mes compagnons de car est arrivé au stade à 15H30 son billet en main et il a trouvé les grilles fermées, impossible de rentrer. Il a bien tenté de négocier avec les militaires mais rien à faire. J’imagine mal ce genre de scène en France ou votre billet numéroté en main on vous refuse l’entrée au motif que le stade est déjà plein ! Pour l’anecdote, le pauvre garçon faisait parti de ceux qui m’avaient dit qu’il fallait absolument venir de bonne heure… dommage qu’il n’ait pas suivi son propre conseil. En tout cas moi j’étais bien dedans et à 1H30 de la rencontre le stade était chauffé à blanc, près à exploser… comme mes tympans! Je m’attendais donc à un stade en fusion pendant la rencontre, d’autant qu’au moment de l’échauffement des joueurs, le stade s’était calmé, ce que j’interprétais comme une reprise d’énergie juste avant la bataille. En fait j’avais rien compris, pendant le match 95% de la foule est assise et si il reste quelques sifflets et tambours a sonné çà n’a rien à voir avec ce qui s’était passé avant la rencontre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il y a un temps pour faire la fête et un temps pour apprécier les équipes à l’échauffement puis pour suivre le match avec un œil averti en stressant sur son gradin. Plus surprenant encore, ils sont extrêmement fair-play et il n’y a eu aucun problème. En effet à la suite d’une décision litigieuse, il y a bien eu 2/ 3 supporters qui on lancé des sachets d’eau qui faisait des bombes à eau sur la piste d’athlé entourant la pelouse, mais ce n’était que des sachets d’eau et automatiquement la moitié de la tribune se dressait vers l’imbécile qui risquait de « gâter leurs noms » en ce comportant mal dans la tribune et je peux vous assurer que l’intéressé se faisait alors tout petit. De même, j’ai été très impressionné par le calme de la foule lorsque les joueurs avaient perdu le leurs et s’empoignaient près à en venir aux mains sur le terrain comme ce fût le cas 2 fois pendant la rencontre. Tout le monde reste assis et attends que çà ce calme. Finalement il n’y a que sur les buts que le stade exulte. Pour finir sur le Fair-play à la fin d’un match dominé de la tête et des épaules par les étalons, les éléphants ce sont imposés 3-2 et tout le monde est sorti dans le calme en se disant que le meilleur n’a pas gagné ce soir mais le foot va ainsi, ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne. Les Ivoiriens ont eu 4 occasions, ils en mettent 3 au fond, bravo à eux !

Ah vraiment j’espère que les supporters de foot européens verront cette ambiance et cette façon d’être dans un stade en venant l’an prochain en Afrique du Sud et en prendront de la graine (là c’est l’ex-stadier qui parle et qui sait de quoi il parle).

 

A la fin de la rencontre, on a attendu 2 bonnes heures avant de démarrer le car… sans faire l’appel ;-)) moi j’étais sur un siège mais le dossier était défoncé et puis il y avait une tête posée dessus qui cherchait le sommeil…. Tout comme sur ma cuisse et sur le dossier devant moi ! Bref la route fût longue et difficile, mais certainement encore plus pour celui qui somnolait dans le vent sur la dernière marche de la porte arrière qui était toujours ouverte. Comme on dit ici dans ces cas là « On est ensemble » ;-)). Au bout de 3 heures  de route vers 1 heure du mat nous avons fait la traditionnelle pause de mi-parcours à Boromo. Là en discutant avec un enfant, il me dit que nous arriverons vers 4h00, je lui réponds : « si Dieu le veut » puis je refais 3 pas vers le car et je constate que le chauffeur est rendu sous le car à trifouiller avec un éclairage de portable dans le moteur… rire nerveux, ce n’est pas dit que Dieu veuille qu’on arrive à 4h00 ;-))

Finalement on est repartir ¾ d’heure plus tard pour arriver dans bobo peu avant 5 heures. Là on a eu nos dernières émotions, vu que le car s’arrêtait sur le chemin pour ceux qui demandaient à sortir comme moi avant l’arrivée et l’un des supporters constatant que le car n’avait pas attendu suffisamment pour qu’il sorte et qu’il ne s’arrêterait plus avant 1 Km, sauta du car en marche et s’étala sur le goudron … quelques instant + tard alors que le car filait toujours on l’aperçut se relevant. C’est bon, y pas mort d’homme !

Fort de toutes ses émotions, j’ai jugé nécessaire de faire du bruit en arrivant devant ma cour pour laisser le soin à mon gardien assoupi de venir m’ouvrir la grille plutôt que de sortir mes clés, de faire un peu de bruit et de prendre le risque que le gardien ne s’attendant pas à me voir arriver à cette heure me file un coup de machette avant de me reconnaître !

 

En tout cas le match retour se jouera en septembre vraisemblablement à Accra au Ghana vu que le stade d’Abidjan est suspendu et j’étudierai les possibilités d’y prendre part d’autant que les déplacements avec les supporters ne sont pas chers. De plus il semblerait que dans ce cadre je peux franchir les frontières sans payer le visa et annexement çà me permettrait sur ce coup là de revoir, voir de me baigner, dans l’Atlantique… forcément çà fait réfléchir.

 

Je vous avais également promis, un petit mot sur la culture de l’empoisonnement. En fait ici la plupart du temps les conflits, surtout minime, se règle par de grands gestes et une voix forte, le but étant de marquer son territoire (c’est la même chose dans les cours de récré en France). Malheureusement, lorsque le conflit est plus sérieux ou qu’il y a des questions d’argent ou d’égo derrière, ils empoisonnent ! Çà s’est toujours fait et c’est un mode de règlement de conflit courant. Par exemple, le mois dernier à Bobo, le puits d’une cour a été empoisonné, ce qui a fait 12 morts. A ma connaissance, ils n’ont pas retrouvé le coupable, qui d’ailleurs n’en avait vraisemblablement pas après les 12 personnes mais après seulement l’une d’entre elles. Pour éviter justement les empoisonnements multiples une histoire circule, celle d’un vieil homme qui voulant tuer son voisin aurait empoisonné le marigot (la mare) ou celui-ci venait prendre l’eau. Puis après une petite ballade, il serait rentré chez lui et aurait trouvé toute sa famille à l’agonie. « Mais que vous arrive t il ? Qu’avez-vous fait ? » Et sa famille de répondre «  on est allé boire l’eau du marigot et on est tous malade ». Heureusement certains prennent cette histoire au sérieux et se contente d’empoisonnement individuel ;-)) Le lieu de prédilection pour çà, c’est le cabaret. Par exemple, il y a 15 jours un voisin de Charles a gagné à la Lonab (PMU), du coup il est parti fêter çà dans un cabaret de son village à Koumi. Puis, Subitement, il s’est tordu de douleur et est mort avant que l’ambulance n’arrive à l’hôpital. Le lendemain, les frères du défunt étaient déjà à déménager sa maison ! Autrefois, c’était les poisons traditionnels à base de plantes ou d’écorces qui étaient utilisés, mais maintenant grâce à la modernité, c’est souvent de la soude qui est versé dans la calebasse ;-)) Moi dans tout çà, je fais attention à ce que je dis, j’évite de froisser qui que ce soit et quand je vais au cabaret ma calebasse est soit à la main, soit entre mes jambes avec un couvercle donc intouchable. Mais faut admettre que c’est fatiguant de toujours faire attention à ce qu’on dit et que de passer de temps à autre une soirée ou un WE avec des blancs avec qui je peux déconner sans retenu, franchement, çà fait du bien.

 

Bon allez, maintenant la surprise du chef, v’là le gros dossier. Je vous ai déjà parlé plusieurs fois des parentés en plaisanterie et j’ai creusé un peu le sujet ce mois-ci. En fait, çà ce pratique en Guinée, au Mali, au Burkina et un peu en Côte d’ Ivoire. Chaque ethnie ayant son ou ses parents (en général il y a eu des conflits plus ou moins réglés avant) et peut taquiner autant qu’il le veut l’autre dans ce cadre là. Tous les coups sont permis sauf d’en venir aux mains, vu que dans ce cas là autrefois (c’est moins vrai aujourd’hui) les 2 étaient envoyés au chef de village et devait chacun sacrifier une chèvre ou un mouton pour être pardonné (qd on connaît le prix de ces bestioles (10000 à 18000 CFA) c’est clair que çà dissuade. Maintenant quand je disais que tout est permis pour blaguer, c’est que çà ne se limite pas aux insultes et çà peut aller beaucoup plus loin. Par exemple, autant lors qu’un jeune meurt on respecte la douleur de la famille, autant quand c’est un « vieux » alors là on peut se lâcher. Ainsi le Frère Paul, économe de Tounouma qui a la 50 aine, a perdu son papa l’an dernier. Ouagalais et donc Mossi d’origine, il est monté à la capitale accompagné de quelques Frères de Bobo pour l’enterrement. Sauf que dans les Frères l’accompagnant, il y avait le Frère Toé qui lui est Samo donc parent en plaisanterie du Frère Paul. Du coup alors que le corbillard avançait vers le cimetière, une voiture a surgit et a bloqué le passage du corbillard. Il n’y avait rien à faire qd le corbillard tentait de passer par la droite la voiture manœuvrait sur la droite et sur la gauche idem. Le Frère Paul a donc dû entamer une négo avec le Frère Toé qui 30 minutes plus tard contre un billet de 5000 a fini par bouger. Mais le pauvre Paul n’était pas encore au bout de ses peines car une fois au cimetière, Toé (la 50 aine lui aussi, je pense qu’il est bon de préciser) s’est mis à courir et s’est jeté dans le caveau ! Impossible de l’en faire sortir, repalabre, renégociation et re-billet de 5000. Moi, quand on m’a raconté çà, j’étais pour le moins très étonné, mais le pire c’est que Toé a été vraiment sympa sur ce coup là, car toujours pour rigoler certains volent le corps avant l’enterrement peuvent le conserver plusieurs jours et ne le rendent que contre rançon… qu’est ce qu’on ce marre ! Sur ce dernier point, il n’y a pas que les parents en plaisanterie qui peuvent le faire, il y a aussi les petits-enfants mais çà c’est une autre histoire que je vous raconterai une autre fois dans une spéciale funérailles ;-))

 

Sinon, moi çà va, le boulot a été un peu compliqué ces dernières semaines mais on s’en sort et j’ai fait un p’tit vol-plané par-dessus le guidon de la mob en roulant sur une piste qui mène chez moi en début de mois, mais rien de bien méchant juste quelques contusions bien désinfectées rapidement.

Ah si, il y a qd même eu un événement particulier qui m’inquiète un peu. Après les pluies, la température baisse un peu et une nuit je me suis réveillé 2 fois en ayant un peu froid. Au matin même chose, du coup je suis allé constater les dégâts au thermomètre avant d’envisager de mettre un pull. Mais quand j’ai vu qu’il faisait 30°C j’ai eu un peu honte de mettre un pull et je me suis abstenu. En revanche vendredi dernier j’ai craqué. Là le thermomètre était carrément descendu à 28°C et on se pelait vraiment. Maintenant je comprends pourquoi il crevait de froid début janvier quand il faisait 18°C le matin et j’appréhende déjà énormément mon retour en…. NOVEMBRE 2010. Mon premier achat en France risque d’être une combinaison de plongée intégrale avec cagoule en néoprène, non pas pour aller me baigner dans l’océan mais pour mettre sous mes 2 col-roulés ! Brrr j’en ai déjà froid dans le dos.

 

Sur ces paroles rafraîchissantes, je vous souhaite à tous un bon été. Merci à ceux qui m’envoient des nouvelles par mail, courrier ou téléphone comme Jan et merci spécial à la famille qui m’envoi actuellement mon cadeau de Noël par anticipation dont vous profiterez également vu qu’il s’agit du remplaçant de Feu Canon ixus 400 qui a rendu l’âme en Avril dernier devant les masques de Tounouma. Biz

 

Finalement vous ne couperez pas au p’tit bonus, comme d’hab ;-)) Pour ne pas changer c’est encore Zezouma la star du bonus ! Il est à nouveau passé à la maison provinciale cette semaine et çà dernière trouvaille s’appelle « lance-pierre » … ne me demander pas ce que peut bien faire un vieillard sans doigt avec un lance pierre, mais ce qui est sûr c’est qu’il en était très fier. Je ne sais pas ou il avait récolté çà et certainement qu’il ne l’aura pas plus longtemps que son parapluie qui ne dura qu’une semaine, mais il n’a pas dû avoir l’élastique avec le morceau de bois, du coup c’était 2 perfuseurs enlacés provenant certainement du dispensaire  qui faisait office d’élastique !


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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /Juin /2009 15:56

A environ 20 bornes à l’ouest de Bobo, après une grande descente de laquelle on aperçoit à l’horizon une chaîne de collines arborées, on traverse le pont du Kou pour arriver à un petit village très (trop) touristique nommé Koumi. J’ai profité un WE de la visite de Laurent (coopérant de Banfora) pour organiser une petite sortie là-bas avec mon collègue Charles. C’était également l’occasion d’aller saluer la famille de Pierre-Paul (le Frère qui m’a accueilli à Bobo et qui a depuis demandé à rompre ses vœux …. Ne chercher pas il n’y a aucun rapport, merci ;-)) .

 Bref, la particularité de Koumi, outre le fait qu’il s’agit d’un village Bobo, parlant un autre Bobo que le Bobo parler à Bobo (si vous avez du mal à suivre, je vous rassure moi aussi), réside dans la construction des habitations.
 
En effet, d’habitude on voit des maisons en briques de benko surplombées d’un toit en tôles ondulées, voir exceptionnellement d’un toit en benko, mais là les maisons sont fabriquées  en benko sans faire de briques, en superposant des couches qu’on laisse sécher pendant 6 heures. En clair, çà revient un peu à fabriquer des maisons en boue grasse avec quelques gravillons.
 
Les avantages sont évident… çà coûte pas cher, il suffit de remonter de la boue du Kou en dessous  et en plus il fait moins chaud sous un toit en benko que sous un toit en tôle. Malheureusement, un inconvénient est tout aussi évident, pendant la saison des pluies çà s’effondre ! Du coup malgré les subventions dont à bénéficier Koumi pour maintenir ce patrimoine beaucoup de maison sont laissés à l’abandon, les habitants préférant aller un peu plus loin construire une maison en brique de benko avec un toit en tôle.

Le vieux quartier est organisé comme tous les villages traditionnels avec les différentes castes regroupées par 6métres (quartier). Les forgerons, les tisserands, les griots puis la famille royale. Contrairement à Dioulasso Ba, à peu près chaque cour possède un fétiche…et un cabaret (là où on prépare et boit le dolo).

Autre point particulier du village, celui-ci est bordé d’un creux naturel de 6 bons mètres de profondeur. Notre guide nous explique, non sans une certaine fierté, qu’il s’agit là de leur meilleure arme contre les voleurs nocturne. En effet une fois celui-ci prit en chasse, immanquablement il va finir au fond du creux en voulant prendre la fuite et s’il est encore en vie, il n’a aucune chance d’en sortir tout seul donc on peut le lapider à loisir d’en haut !

Mais ce n’est pas ce qui m’a le plus surpris dans ce village. En fait, je n’avais encore jamais eu l’occasion de voir les femmes faire la vannerie, et vu qu’il y a pas mal de rôniers autour du village, il y a beaucoup de femmes qui font des paniers en feuilles de rôniers tressées à Koumi. Pour tresser les feuilles, il faut qu’elles soient souples et pour qu’elles soient souples, il faut de l’humidité donc ce n’est pas possible de faire çà en extérieur. Ainsi pour avoir l’humidité recherchée, les hommes creusent des trous, mettent quelques bouts de bois à la verticale et recouvre le trou de terre en laissant un puit de lumière.

A 7hoo du mat après s’être occupée de la famille, les femmes vont dans un de ses trous en descendant avec leur déjeuner sous le bras par un bout de bois taillé posé à la verticale et travaillent dans une chaleur humide de 50°C jusqu’ à ce la nuit tombe. A côté de ces « ateliers de travail » on trouve un nombre équivalent d’ateliers effondrés… on ne peut qu’espérer que ceux-ci se soient effondrés la nuit ce qui malheureusement n’est certainement pas le cas pour tous. Evidemment, il va de soit que ce n’est pas le genre de métier qu’on choisit, c’est juste que l’école coûte trop chère pour y envoyer fifille vu que le peu d’argent part toujours dans les innombrables fêtes et les quotidiennes saouleries au dolo, donc dés qu’elle peut elle suit maman sous terre.

En tout cas, c’est un village qui laisse  un goût un peu bizarre. Oui c’est joli, mais outre le fait que la vannerie m’ a refroidie, l’exploitation touristique de leur village est également pesante avec la taxe à l’entrée suivit du passage obligé vers le chef qui demande à ce qu’on envoie plein de pognon de France, puis les innombrables sollicitations (bonbons, photos payantes, argent, stylos, cadeaux) dans les quartiers, jusqu’à une improbable taxe de parking à la sortie ! Quand à l’action des assoc qu’ils ont réussi à capter, c’est bizarre aussi car la bonne 10 aines de puits qui ont été financé sont tous hors service. Est ce parce qu’on ne leur a pas bien expliqué comment l’entretenir ? Est ce parce qu’ils n’ont pas envie de se faire suer à l’entretenir en se disant qu’ils trouveront bien une autre assoc qui les réparera quand ils seront gâtés ? certainement un peu des 2. Bref, mon sentiment, c’est qu’il pourrait faire plein de chose dans ce village à commencer par des potagers avec le Kou qui passe en dessous, mais il préfère glander, mendier voir escroquer les blancs qui viennent visiter! Dommage. C’est d’ailleurs là un schéma qu’on retrouve souvent, ceux qui n’ont vraiment rien font vraiment tout pour s’en sortir, mais ceux qui ont quelques chose : un patrimoine, une terre fertile ou  un bon réseau gâte tout en étant trop gourmand ou en se disant que du coup ce n’est pas la peine de se fatiguer.

En tout cas je suis beaucoup plus à l’aise quand je vais dans les « vrais » village de brousse comme à Kiri sur la route de Dédougou. Le contact avec les habitants y est vraiment différent plus simple, moins vénale. J’y suis passé le WE suivant avec Ibra pour voir la cérémonie de présentation avant un mariage musulman arrangé entre 2 familles du village puis  après quelques bonbons et un riz gras pour fêter çà, on est allé voir le champs qu’on va exploiter tous les 2 dés que les pluies vont vraiment tombés. J’attends çà avec impatience, j’ai vraiment envie de prendre la daba et de cultiver le mil les WE, normalement on doit commencer d’ici 15 jours.

 Pour l’anecdote, en rentrant on est repasser par le village et l’un des hommes me demande de lui offrir 2 bœufs pour cultiver, ce à quoi je lui répond : ‘’nous on est Bobos on a des bons bras et on n’a pas besoin de bœufs pour cultiver, les bœufs c’est pour les Peuls et il faut laisser çà aux Peuls (un peuple de nomade, éleveurs de bœufs et parents en plaisanterie des Bobos, en clair on peut se foutre de leur gueule à loisir ;-))’’ ce qui a fait rigoler tout le monde et l’a laissé tout idiot !

 

Autre anecdote en passant sur les parentés en plaisanterie, je suis passé à la banque la semaine dernière et alors que j’attendais dans la salle d’attente avec 3 autres personnes, le conseiller arrive et dit à l’homme qui était sur ma gauche ‘’ Ah t’es là faux type ! Allez viens dans mon bureau salopard ! ‘’ Le conseiller voit alors les yeux étonnés de mon voisin de droite et moi-même et ajoute pour ce justifier ‘’c’est mon esclave’’ (parent en plaisanterie) et là moi comme mon voisin avons poussé un ‘’Ah’’ de soulagement avant de rigoler à notre tour ! Avec le recule, j’ai imaginé la scène en France …

 

Bon, on rigole, on rigole, mais il faut que je justifie, le titre de ce post ! Il y a 3 semaines, je suis parti en mission à Nouna (ville de 30 000 habitants, un peu en brousse au Nord de Bobo après Dédougou). Pour ce faire j’ai pris la compagnie Liza Transport qui fait le trajet avec un minibus taxi brousse (c'est-à-dire qu’il s’arrête n’importe où pour prendre du monde tant qu’il n’est pas complètement surchargé. Le trajet se fait en 3 à 4 heures et j’ai pris le départ de 14 heures sur les conseils du directeur du collège de Nouna car celui-ci est sensé être plus confortable.

Finalement, la pluie tombant fortement nous avons dû attendre 14h10 la fin de la pluie pour commencer le chargement des bagages sur le toit et nous sommes parti à 14h30 …. Enfin parti est un bien grand mot vu que nous avons fait une escale essence plus chargement de nouveaux passagers à la station de la sortie de la ville, du coup nous avons réellement quitté Bobo à 15h00. Notre chauffeur était un type maigrelet avec une barbichette, tout excité et roulant à tombeau ouvert. Après quelques arrêts rapides pour entasser de nouveaux passagers et un arrêt prière, nous poursuivions notre route, jusqu’à ce que la rupture d’une courroie ne viennent tout perturber. Tout le monde descend, le chauffeur courre dans tout les sens avant de se glisser sous le moteur. Son assistant (celui qui est chargé de faire monter et descendre les passagers, des bagages et des péages et arrêt en douane) se bidouille en allant chercher les outils que demande son collègue en faisant des grands gestes. Vu qu’une courroie ne se répare pas avec une clef à mollette, le chauffeur demande un portable pour prévenir le chef de gare, là encore c’est tout une affaire : il nous là fait à la Funès avec des grands gestes et tout le monde se marre ! Bref ½ heure plus tard nous voilà reparti pour faire 2 km et nous rapprocher d’un village ou nous espérons pouvoir réparer. Après 1h30 de bricolage façon-façon avec une courroie inadaptée … puis l’inévitable prière de notre bouillant satanas nous repartons enfin … pour 2 petit km, le temps à la courroie de fortune de lâcher à nouveau ! Après 2 nouvelles tentatives de réparations infructueuses par satanas pendant que diabolo son collègue se boyaute en étouffant son rire derrière son poing,  la décision est prise de gagner Dédougou sans le circuit de refroidissement donc en démarrant le moteur, accélérant un bon coup, puis coupant le moteur pour quelques centaines de mètres de roues libres et ainsi de suite pour les 50 km restant. Arrivé à Dédougou à 22h00 nous avons donc pu faire une vraie réparation avant de repartir vers 22h40 pied au plancher sur les routes de brousse (çà fait bizarre) pour gagner Nouna à 00h00 bien fatigué.

Vous pouvez donc, imaginer ma tête lorsque j’ai vu pour le retour le samedi suivant, que je devais monter dans le même taxi-brousse piloté par la même équipe !

 

La mission à Nouna ayant été également riche en mauvaises surprises et situations compliquées à gérer, je me suis autorisé à surveiller 2 devoirs pour me changer un peu les idées et je dois dire que c’était assez marrant de faire le surveillant et de rester 5 bonnes minutes derrière un élève surpris à tricher simplement pour lui faire comprendre que je l’avais bien vu et qu’il n’avait pas intérêt de recommencer. Bref, j’ai été gentil, car je n’ai viré aucun tricheur, mais ce n’est pas au vieux singe…;-))

 

Le vendredi, c’était la fête du collège pour la ST Jean Baptiste de la Salle, donc il y avait messe à la cathédrale suivi d’un repas dans le collège pour tout le monde. Les élèves avaient leur stock de riz et de condiments par classe  + une demi-chèvre et s’organisaient pour faire leurs popottes, c’était vraiment sympa.

Petite anecdote marrante, la population étant principalement de confession musulmane, certaines familles refusent catégoriquement que leur enfants aillent à la messe ou participent à une fête catholique, mais d’autres pas du tout… ainsi la chorale des collégiens à la messe était principalement constituée de musulmans et j’ai appris que les chefs des mouvements catholiques du collège (scout, mouvement eucharistique etc.…) sont tous musulmans, ils connaissent par cœur les prières catholiques et invitent les catholiques à les rejoindre dans les mouvements …catholiques. Oui il y a de quoi en perdre son latin !

 

Enfin, dans le chant final dédié au collège, j’ai compris pourquoi, les 6éme et 5éme ont dans tous les collèges ont un potager à entretenir. En effet, ces potagers existent au cas où, ils ne parviennent à poursuivre leurs études afin qu’ils quittent l’école en sachant au moins comment faire pousser de quoi survivre.

 

A mon retour sur Bobo le samedi, j’ai enchaîné directement avec la fête des 50 ans du collège de Tounouma à laquelle était notamment présent le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, le ministre de l’éducation et de l’emploi ainsi que l’archevêque Anselme Sanon avec qui j’apprécie toujours autant de blaguer. C’était une fête en grande pompe, avec soirée culturelle la veille au théâtre de l’amitié, messe de 4 heures le matin, grand déjeuner, final des tournois de football et de hand du collège, remise des médailles de l’ordre du mérite à 3 frères + à ma voisine de cour Jackie originaire de St Nazaire qui enseigne depuis 35 ans au collège de Tounouma, avant un bal organisé dans un maquis de Bobo. Pour l’occasion, un pagne avait été créé, et le tronc des arbres peint en blanc (tradition qui remonte aux années 80 et la révolution sankariste, Thomas Sankara ayant repris cette idée géniale à Cuba lors d’une visite à son mentor).

 

J’ai noté à cette occasion que j’ai été convié à la table d’honneur pour le déjeuner… honneur que je n’avais pas eu lors des vœux perpétuels des Frères Cyrille et Jean Luc en Février dernier, ce qui me laisse penser que j’ai pris du galon ;-))

 

Je vous ai déjà parlé de 3 fêtes en 3 semaines entre la préparation au mariage et les fêtes des écoles mais en fait ici il y a toujours une bonne raison de faire la fête. Il y a eu aussi les 1éres communions et les confirmations à l’ascension et à la pentecôte, les baptêmes, les mariages, les funérailles, bref toutes les fêtes religieuses, catholiques, musulmanes ou traditionnelles tout en sachant par exemple qu’ un mariage nécessite la fête de présentation des familles, la fête du mariage traditionnelle, du mariage à la mairie puis du mariage religieux, toutes ne sont pas obligatoires mais si on peut le faire c’est quand même mieux et à chaque fois on invite toute la famille, tous les amis et voisins. Et puis il y a aussi  les anniversaires (moi je suis allé à Banfora pour ceux de Martin et Laurent on c’est fait un bélier au barbecue tiptop) et quand on ne trouve plus rien il y a toujours les victoires du Barça ! Eh oui, çà aussi c’est une grande occasion pour faire la fête ! Moi je n’ai pas pu voir la finale car j’avais une salmonelle qui me torturait le ventre, mais j’ai eu aucune difficulté à suivre l’évolution du score … en revanche pour dormir avant 4heures du mat c’était une autre affaire L Je ne suis pas sûr que les victoire en demi finale et en finale aient été mieux fêter à Barcelone qu’ici tellement c’était la folie complète dans les rues !

 

 

Bon je trouve que j’ai déjà mis une bonne tartine donc je vais en rester là. La semaine prochaine j’irai faire une petite mission à Bérégadougou (15 KM de Banfora) qui accueille un centre de formation agricole. Dans le prochain épisode vous aurez droit à un petit compte rendu de l’ambiance du stade du 4 août pendant le match Etalons-Eléphants qualificatif pour la coupe du monde en Afrique du Sud qui a lieu le 20 juin. Je monte à Ouaga le 19 et redescendrait le 21 pour voir çà  et pour contrebalancer ce récit qui sera surement sympa, vous aurez également un petit paragraphe sur la traditionnelle utilisation des poisons mortelles pour régler les problèmes relationnelles… çà c’est beaucoup moins fun !

 

Biz générale et faîtes attention aux premiers soleils de l’année ;-))

 

Finalement à cause d’une panne d’internet, je n’ai pas pu mettre mon post en ligne ce WE, du coup je profite d’un moment de dispo à Béréga pour ajouter quelques lignes. Outre, l’intérêt des missions en temps que tels, la découverte de nouveaux animaux (là avec la pluie on a eu hier soir une invasion de milliers d’éphémères qui sont des petits insectes volant dont il ne reste que les ailes ce matin (elles portent bien leurs noms)) et le fait de voir du pays, je crois que ce que j’apprécie le plus en mission…. C’est la bouffe ! Désolé ;-)) En effet, à chaque fois je suis très bien reçu, çà me permet de faire des repas complet avec entrée, plat, dessert. Manger du yaourt, du miel sauvage, découvrir de nouveaux plats et même avoir de la viande à tout les repas. Le must c’est quand la découverte de nouveaux plats se conjugue avec la viande, ainsi hier j’ai pu manger de l’agouti, une sorte de gros rats qui a une viande assez forte et très bonne et ce midi normalement il y aura du serpent au menu. Un Frère doit aller en brousse pour ramener un boa et me faire goûter çà. J’en salive déjà ! Il me restera encore quelques viandes à découvrir, je ne sais pas si j’aurai l’occasion de manger du singe, (manue prépare un sac près de l’ordi avant de lire la suite) en revanche je ne devrai pas couper aux traditionnelles chenilles grillées dés que la saison sera lancée en septembre, il parait que certains les mangent parfois crues mais vu qu’elles sont urticantes, çà me semble pas bien malin et moi je me contenterai des grillées (manue j’espère que tu a suivi le conseil précédant et que tu n’as pas vomi sur le clavier ;-)) et puis bien sûr il faudra aussi que je goûte à « l’autre viande » lors d’une kermesse dans un cabaret. Les cabarets vous savez déjà ce que c’est. Les kermesses sont des fêtes organisées par le cabaret pour se faire connaître et attirer une nouvelle clientèle. A cette occasion, ils font venir des musiciens, installent une sono et font la fête avec du dolo toute la journée en vendant « l’autre viande » cuite au barbecue à l’heure du déjeuner. Mais c’est quoi « l’autre viande » ? Ben c’est du chien, tout simplement ! Pourquoi ils appellent çà l’autre viande ? Tout simplement parce que le chien est le totem de beaucoup de familles et de quelques ethnies. Totem, çà veux dire que c’est un animal sacré peut être parce qu’un jour il a sauvé une personne ou pour une autre raison. Pour les Bobos comme vous le savez déjà  c’est le silure, les Dagara, c’est la tortue, du côté de Diébougou en pays Lobi c’est le caïman etc.… Bref en disant officiellement qu’on mange du chien çà froisserait certaines personnes donc on dit l’autre viande, tout le monde c’est ce que c’est, mais là çà froisse personne… sauf peut être ma marraine et ma gd-mère qui attache plus d’importance au fond qu’à la sémantique ;-))

 

 

Cà y est je viens de me faire 2 p’tits rôtis de boa ! Franchement, c’est très bon, c’est entre la viande et le poisson vu qu’il y a plein de petits os qui ressemblent à des arrêtes. Après le déjeuner le Frère Jean Bruno a dit «  Tiens mais il y a quelques choses que tu ne dois pas connaître non plus » et il a ramené à table des sauterelles grillées aux piments. Puis il a rajouté, d’habitude on mange çà le soir devant la télé avec un verre de whisky ». Du coup, vu que je suis breton, j’ai répondu du tac au tac « eh bien si çà se mange avec du whisky ramène le whisky ». Franchement j’ai préféré mon demi-verre de whisky aux 4 sauterelles que j’ai mangées. Cà craque sous la dent avec un goût fumé un peu bizarre puis on garde le goût du piment en bouche.

Bon la rubrique gastro est close pour aujourd’hui quand à demain je rentre à Bobo où nous fêterons les 1er vœux des novices 2eme année eh oui encore une fête !

 


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