Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 16:51

Ce mois ci, j’ai eu la visite de Sébastien sur la 1ére 15aine de mars. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a eu droit à un vrai aperçu de la vie au Burkina. En effet, par coup d’opportunité il est arrivé à Bobo à 3h30 du mat le samedi en … ambulance, il a connu les premières grosses chaleurs de la saison (genre 40° la nuit sur le mur de ma cuisine, je vous fais grâce de ce que çà peut donner le jour), des rencontres humaines vraiment riches, l’hospitalité, la culture animiste, les pannes dans les transports et leurs lots de petites galères, les pistes et le hors piste en brousse avec sable, poussière et trous  pour éprouver un peu les voyageurs et enfin des paysages magnifiques parfois très reculer en pleine brousse. Bref, on s’est bien marré et on en a pris plein les yeux et les oreilles... le gosier aussi mais çà c’est une autre affaire ;-))

Au programme, il y avait visite de Bobo avec la tournée classique : musée de la musique, musée du Houet, grand marché, marché aux légumes, gare ferroviaire, Guinguette et autres petits coins sympa dans et autour de Bobo, le tout agrémenté par la rencontre de quelques amis : le père Philippe, Charles et Gladys, Alfred et sa famille, Jonas, etc… puis petite virée à l’aventure avec la 125 du père Philippe. Normalement après une boucle dans le pays Sénoufo en descendant par la région d’Orodara et en remontant par Banfora on devait  se lancer dans un périple qui s’annonçait assez épique en traversant tout le pays en moto pour visiter toujours en moto une des plus grandes réserves animalières de l’Afrique de l’Ouest à Pendjari au Bénin. Finalement, on a décidé d’alléger le programme après la première boucle et s’épargner 1700 Km de + que les 1200 parcourus, car l’Afrique çà crève… et quand je dis çà je ne parle pas que des hommes. En effet, selon le bon principe de la loi de Murphy, moi qui n’avais jamais connu de crevaison depuis mon arrivée en décembre 2008 et ben on en a eu 9 en 9 jours de moto rien que çà et toutes sur cette maudite roue arrière! Je peux vous assurer que désormais je suis expert en technique de collage (rustines, collage à chaud, collage à froid etc…) et de démontage (en retirant la roue, sans retirer la roue, etc…).

 En fait, c’était vraiment la poisse, un coup c’était un collage qui lâchait, un coup c’était la nouvelle chambre à air qui n’était pas de qualité suffisante, puis une autre fois un clou qui passait par là ou encore le mécano qui faisait un nouveau trou en rechaussant le pneu etc.. A la fin j’ai fini par devenir carrément stressé du pneu, avant de quitter chaque village, je jetais systématiquement un coup d’œil sur cette *¤#~^ § de roue pour m’éviter d’avoir à trop pousser en cas de nouvelle déconvenue. Assurément, les 10 kms en plein soleil sans eau et le ventre creux parcouru à pied en poussant la moto entre Sindou et Banfora comme les 2 ou 3 Km de nuit entre Banfora et Bobo le lendemain ont fortement contribué à me rendre limite parano de la roue raplapla.

Bref, je n’insisterai pas davantage sur ces histoires de caoutchoucs percés, mais c’est clair que dans ce contexte, traverser le pays pour aller crever sur les pistes d’une réserve où l’on peut se retrouver à  40 ou 50 KM d’une sortie et où les lions sont relativement nombreux çà donne pas envie. Bon c’est vrai que si les gros matoux étaient venu nous taquiner  en cas de panne çà n’aurait pas été un gros problème vu que j’ai toujours mon laguiole tire bouchon sur moi, mais la perspective de pousser la moto sur des 10 aines de km çà en revanche çà rendait le plan un peu trop foireux.

Du coup on a fait une petite virée sur Pala vers la mare aux hippos et gouté en rentrant le bon dolo de Kouentou. Puis le lendemain on est redescendu sur Banfora pour profiter d’un bon Mc Do avant une rafraîchissante baignade aux cascades à Kerfiguela (je vous fais grâce des 2 crevaisons de la journée).

Par ailleurs il faut dire que notre virée en terre Senoufo nous avait déjà donné une belle dose d’aventure. En effet, après seulement 80 KM entre Bobo et Orodara nous quittions le goudron que nous devions ne retrouver que 2 jours plus tard entre Banfora et Bobo. En guise d’échauffement nous attendait une piste bien corsée avec tous les trous et les zones sableuses qu’on peut imaginer ce qui était idéal pour me permettre de bien reprendre la mesure de mon cheval de fer car après un petit tour au barrage de Tourni et une pause déjeuner (et collage de roue) à Kankalaba, nous nous sommes attaqué au mont Tena Kourou l’après midi. Tena Kourou c’est le point culminant du Burkina avec un sommet à 747 mètres. Bon si les montagnards lisent ce post, ils doivent mesquinement rigoler, mais pour un breton habitué au mont d’Arré, c’est pas petit !

En tout cas on a pas vu le coin où on était sensé garer la moto et continuer à pied, du coup on est monté en moto, sauf que le chemin pour gravir le mont étant normalement pédestre et non pour accueillir les 2 roues, il n’y a pas de lacets et je peux vous assurer que certains passages étaient un peu costaud. Une fois rendu en haut, vu qu’il n’y avait pas plus d’indication, il nous a semblé que la colline d’en face était peut être plus élevé que celle que nous venions de gravir (le Tena Kourou ne serait il pas devant nous ?) . Ni une ni deux nous voilà reparti dans une descente abrupte bien caillouteuse et nous poursuivons sur les sentiers entre les 2 collines. 5 à 10 Km plus loin, ne parvenant plus à déterminer le chemin le mieux indiquer pour rejoindre la colline d’en face, je fais 50 pas en arrière pour consulter les villageois d’un hameau que nous venons de dépasser. Je vous fais grâce des détails linguistiques mais en gros en brousse de chez brousse au maximum il y en a 1 qui parle un peu français (là c’était même pas le cas) et en langue locale, hormis les salutations et 3 ou 4 mots moi je ne pige rien,  enfin on est parvenu à ce comprendre et quand il m’a indiqué que Tena Kourou était derrière nous, je suis revenu vers Seb et la moto un petit sourire en coin : ‘‘ euh, c'est-à-dire que tu vas rire, en fait Tena Kourou c’est derrière nous et si je me fis à la carte, ben là on roule au Mali depuis tout à l’heure !’’

Une petite clope plus tard nous repartions pour franchir le mont dans l’autre sens, non sans peine car la cote était vraiment abrupte et je ne vous cache pas que lorsque le moteur a commencé à peiner en 2nde et que j’ai dû repasser la première, j’ai un peu serré les dents pour que çà passe car si la moto s’arrêtait on était bon pour glisser sur les cailloux tous les 3, Seb, la moto et moi  jusqu’en bas. Enfin c’est passé et nous avons pu gagner Sindou sans encombre où nous attendait un campement de petites cases pour passer la nuit.

Le lendemain matin après que Sébastien est célébré une messe dans le campement à 8h00 pour le plus grand plaisir des quelques participants, nous avons pris la direction de Negueni pour voir des habitats troglodytes.

A nouveau, ce fût un peu foireux, car en fait la prise d’infos auprès des locaux fût faites une fois le village dépassé et ceux-ci nous ont systématiquement encouragés à nous enfoncer davantage dans les rizières et la brousse. Là, ce fût clairement le parcours le plus dur que j’ai pu faire en moto et pour cause une fois encore ce n’était même plus une piste et on ne distinguait aucune trace de véhicule motorisé là où nous nous aventurions. Bien évidemment çà ce n’était pas sur la carte et je n’étais encore jamais passé par là. Qu’allait nous réserver ce chemin comme paysages et comme embuches ? Où allions nous retrouver une vraie piste pour reprendre notre route vers Banfo ? Là forcément il n’y  avait pas de réponse mais ce n’était pas un problème, tant que çà passait c’était très sympa dans un cadre absolument magnifique coincé entre 2 lignes de montagnes.

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Chaque 100 mètres une nouvelle épreuve nous attendait, aussi il était difficile de se réjouir du franchissement d’une portion ardue car on savait que ce qui nous attendait juste après pouvait très bien nous bloquer et la perspective de faire marche arrière vu ce qu’on avait traversé ne nous inspirait ni l’un ni l’autre.

J’ai fait l’équilibriste sur les bordures de rizières, et jonglé avec les vitesses dans les bosses caillouteuses, on a dansé sur le sable, poussé, tiré et soulevé pour traverser des gués et fait un combat d’yeux noirs et bombage de torse entre un gros zébu bien cornu qui nous a barré la route pendant 3 minutes (j’ai bien pensé à faire comme crocodile dundee avec ma main, sauf que moi je voulais qu’il dégage la piste, pas qu’il étale son gros tas de viande dessus! Du coup j’ai pris l’option des ronflements mécaniques et finalement j’ai gagné, mais je peux vous assurer que c’était pas acquis et que 3 minutes à 3 mètres l’un de l’autre c’est assez long !).

Après encore une bonne heure de pilotage au pifomètre (je précise que nous n’étions pas perdu vu qu’on pouvait sans problème faire un cercle de 20 km de diamètre sur la carte pour donner notre position, ok c’est pas du GPS mais c’est suffisant pour se situer) nous avons longé des vergers d’anacardiers et des champs ce qui nous informaient que nous ne devions plus être très loin de trouver un village. L’objectif étant de trouver dans le labyrinthe de petit chemin celui qui nous permettra de gagner une piste nous ramenant sur Kankalaba et la consultation des villageois peut grandement faciliter les choses. Bingo, quelques km plus loin on tombe sur un petit village. Eux, là où ils sont, je peux vous assurer qu’ils sont tranquilles et emmerdés par personne! Dans le genre village paumé au milieu de la brousse, c’est difficile de faire plus paumé. En tout cas nous y avons trouvé l’hospitalité traditionnelle avec tous ces codes. D’abord les hommes restent cachés et les femmes viennent connaître les intentions des visiteurs, si ceux-ci sont jugés hostiles les hommes sortent avec les armes pour les zigouiller, s’ils sont jugés amicaux on leur propose l’eau de bonne arrivée (un grand verre d’eau) puis on poursuit la causerie. Devant une case des crânes d’animaux étaient déposés. J’ai pas osé à ce moment là sortir mon appareil photo même si je dois dire que j’aurai pris un malin plaisir à vous montrer des crânes d’enfant … non je déconne, c’était des crânes de singes vert mais franchement on ne voit pas la différence ;-))

Bref, pour en revenir à nos moutons ou plutôt notre direction je déplie un bout de la carte et demande la route. Là celui qui parle un peu français, me dis qu’il n’en sait rien et commence à me montrer du doigt toutes les villes qu’il voit sur la carte pour que j’en donne le nom. A chaque nom il est émerveillé, je comprends rapidement que c’est la première fois qu’il voit une carte ! Il me demande s’il y a encore d’autres villes sur le papier (je n’avais déplié que le ¼ de la carte) je considère qu’il est bien gentil mais que j’aimerai employer les 45 prochaines minutes à autres choses que citer toutes les villes du Faso et lui affirme que non.

Nous obtenons la direction, avant de partir ils sollicitent quelques photos, je m’exécute sans omettre de leur montrer le résultat sur l’écran, ce qui ne manque pas de provoquer l’hilarité des uns et des autres qui se moquent mutuellement,IMGP0609.JPG puis comme le veut la tradition, il prenne notre moto pour la pousser sur une centaine de mètres et la démarrer avant de nous laisser continuer notre route. Pour les remercier, j’offre une cigarette et nous voilà reparti. 500 mètres plus loin nous trouvons la piste indiquée et 20 minutes plus tard nous étions à Kankalaba à reprendre quelques forces devant une bière chaude (pas d’électricité = pas de congélo = pas de glace = pas de boissons fraîches).

30 minutes plus tard, nous redescendions sur Sindou pour faire un peu d’escalade sur les pics en compagnie d’une togolaise et d’un irlandais avec qui nous n’avons pas manqué quelques amicales chamailleries au sujet des dernières confrontations sportive en foot et en rugby. La togolaise s’en est inquiété ‘‘vous ne vous aimez pas ?’’ et la réponse en chœur fusa ‘‘ Oh si nous on s’aime bien on est des parents, on est de la même ethnie, nous sommes tous les 2 celtes, c’est pour çà qu’on se taquine. En revanche c’est les anglais qu’on n’aime pas ni l’un ni l’autre ;-))

C’est amusant car dans l’idée des africains, il n’y a qu’en Afrique qu’il y a des ethnies que les frontières ont parfois séparés, alors quand on leur parle de celtes, de basques, de catalans ou autres et des parentés en plaisanteries qui existe entre Nantais et ventre à choux ou entre français et belges, ils sont toujours très étonnés.

Nous avions prévu après les pics de faire escale au lac de Tengrela pour voir les hyppos, mais la seconde crevaison et le temps de faire 10 bornes à pieds pour gagner un village et la possibilité de coller on eût raison de ce programme. Nous avons d’ailleurs fini le parcours de nuit et nous nous sommes réconforter en arrivant à Banfo avec un bon poulet avant de gouter au génépi maison que Laurent a préparé dans les Alpes l’été dernier.

Le lendemain, au programme nous avions donc Lac de Tengrela puis en passant par un petit chemin à travers les rizières, Cascades. Après 2 passages au collage à chaud nous sommes enfin parti vers Tengrela, accompagné d’Hélène (coopérante à Dédougou) et d’une de ses amis qui avait pris la moto de Laurent pour l’occasion. Quelques kilométres plus loin, nous tombons sur un contrôle de police. Ils sollicitent les papiers des véhicules, je sors les miens… ou plus exactement ceux du Père Philippe, pas de problème, puis je regarde Hélène et je comprends de suite qu’elle n’a pas prit les papiers de Laurent. Eh merde ! Laurent est en cours, on ne peut pas le joindre et là c’est clairement le plan galère avec normalement la saisie du véhicule renvoyé au commissariat de Banfora + amende de 6000 FCFA. Je décide donc de prendre les choses en main en commençant les palabres dans le strict respect des règles de l’art ce qui nous a permis de reprendre la route une 10 aine de minute plus tard un petit peu plus léger … comprendra qui voudra ;-))

 En repartant de Tengrela, nouveau problème technique, le boitier électrique qui nous lâche, la moto s’étouffe puis impossible de la redémarrer… ni de trouver un mécano sur place. Heureusement, Lolo venait de nous rejoindre et moi j’ai toujours mon bout de ficelle avec moi. Vous vous souvenez du remorquage moto-moto à Noel et bien on inverse les motos en mettant la petite devant et la grosse derrière et  nous voilà rendu chez un bon mécano moto à Banfo. Il a fallu toute l’après midi pour solutionner la panne et toute ma vigilance pour qu’il ne change pas toutes les pièces qui fonctionnaient très bien en même temps, mais à 18h30 la moto roulait de nouveau et nous pouvions regagner Bobo de nuit … non sans retrouver les joies d’une ballade d’une heure à pied de nuit pour cause de… crevaison de la roue arrière !

Le lendemain, nous passons voir Jonas à Koumi. Jonas est un vieux sage de la caste des forgerons que j’ai rencontré il y a 1 mois environ grâce à Benoit, lors d’une nouvelle visite du village avec l’abbé Philippe et l’abbé Hyacinthe (recteur du grand séminaire) lors de laquelle il se chargea personnellement de nous guider. Ce vieil homme est un insatiable curieux, passionné d’Histoire qu’il affectionne de partager avec toutes les oreilles qui le demandent.

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Il m’a vraiment réconcilié avec ce village que je m’étais pourtant promis de ne plus visiter car bien trop touristique où le blanc qui si promène est clairement un portefeuille sur pattes ce qui a le don de m’exaspérer. Avec Jonas tout est gratuit et en plus on a le droit à une vraie visite, en faisant le tour de tous les fétiches, en retraçant toute l’histoire du village de la première maison il y a 1000 ans  à la première chapelle au début du siècle dernier. Il est intarissable et nous ouvre les portes même les plus fermées….bug bug…. Désolé je viens de m’autocensurer à la relecture! En effet, certaines choses sont des secrets de village qui ne doivent pas être révélées à des non initiés ou à minima certainement pas sur internet. En le faisant non seulement on s’expose personnellement à des problèmes, mais au-delà de çà, c’est surtout une trahison et une insulte grave. Ce que je peux vous dire en revanche c’est que les Bobos comme beaucoup d’ethnies peuvent vénérer ou solliciter tous les esprits bons comme mauvais (y compris le malin) selon les circonstances. Ils ont une vraie maîtrise de ces choses là et s’il existe assurément des charlatans (au sens le moins noble du terme car il existe aussi des charlatans comme des devins sérieux dans les villages) tout n’est pas affaire de mythe et de légende. C’est aussi pourquoi personne, y compris les africains eux-mêmes, n’aime se promener non accompagné dans un village qu’ils ne connaissent  pas bien car chaque village à ses coutumes, ses codes, ses pouvoirs magiques et ses mystères ésotériques. Par exemple à Koumi, il y a un endroit ou les notables se retrouvent pour rendre justice. Si vous passez sur le chemin qui borde ce coin pourtant marqué d’aucun signe particulier et que vous saluez les personnes qui si trouvent, vous allez après avoir des problèmes car on ne doit pas saluer les notables lorsqu’ils s’occupent d’un jugement. Au mieux vous serez quitte pour sacrifier une poule et un coq en pardon au fétiche, au pire ben il faudra ajouter l’argent et que sais je encore.  Bref, bien malin (sans mauvais jeu de mot) qui peut dire qu’il connaît l’Afrique ou même la religion animiste, car en vérité on peut connaître certains rites qui parfois présentent pas mal d’analogie entre différentes ethnies, on peut connaître un peu une ethnie et une part de ses coutumes, on peut connaître relativement bien un village et percer une part de ses secrets mais pour vraiment connaître ne serait ce qu'un village, il faut être initié dans ce village, le rite initiatique fonctionne souvent pour les ethnies de l’Ouest du Burkina par cycle de 7 ans avec ses inévitables variantes en fonction des villages. Une fois que vous êtes initiés vous êtes lié au village jusqu’à votre mort et vous ne pouvez vous détourner du village et de ses croyances sans en assumer les conséquences. En clair, vous êtes obligé de venir avec une certaine régularité au village pour y faire certaines coutumes et si vous ne le faîtes pas les fétiches, les ancêtres ou les esprits invoqués dans le village vous trouverons où que vous soyez pour vous punir. Vous pouvez en penser ce que vous voulez, moi au début pour satisfaire mon incurable curiosité je brûlais d’envie d’être initié et  connaissant les bonnes personnes, c’était tout à fait réalisable, mais avec ce que j’ai pu voir et entendre depuis que je suis ici, je peux vous assurer que je préfère conserver une part d’ignorance, rester à jamais un étranger de mon village (non-initié), même si je porte un nom Bobo rattaché à un fétiche (Zogo = l’esprit de la brousse – Telle = le fils),  car je ne suis absolument pas prêt à assumer tous les engagements irréfragables d’une initiation.

------------------------------------------------Je coupe--------------------------------------------------

Internet déconne depuis 3 mois entre pannes de courant quotidiennes et problèmes de réseaux. Du coup, ce que j’ai écrit il y a maintenant 3 semaines n’est toujours pas sur le blog et je préfère couper le récit ici pour vous proposer quelques nouvelles un peu plus fraîches parce que sinon vous risquez de ne pas avoir fini de lire ce message d’ici à ce que je sois rentré en France tellement celui-ci devient long ;-))(petit rajout de derniére minute pour la force de l'exemple : aujourd'hui coupure de courant de 08h00 à 13h15 ... là çà remarche mais pour combien de temps encore?)

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La saison des grandes funérailles est maintenant lancée depuis 3 semaines avec Pala (village sur la route de Ouaga) qui a ouvert les festivités le 14 mars dernier. J’y suis allé avec Ibra mais on a pas du durer plus de 3 heures car finalement ce n’était pas des plus intéressant car étant les premiers il y a énormément de monde et l’attrait commercial que çà offre au village prend le pas sur l’intérêt traditionnel. IMGP0667.JPG

 

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En revanche, ce qui l’a été davantage, c’est la sortie des masques de brousse à Borodougou pour la fête de fin des récoltes début mars. Là, il y a peu de personnes étrangères au village qui y sont présentes, du coup l’ambiance est beaucoup plus familiale et rien ne vient interférer au strict respect des coutumes. DSCF9996.JPG

 

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Toujours à propos de funérailles, la date des grandes funérailles pour Tounouma a été arrêtée depuis une semaine au 25 avril.  Aussi, depuis 2 mois, il y a des funérailles sèches tous les WE, car il faut les réaliser avant les grandes funérailles et vu que çà coûte pas mal d’argent, il a fallut parfois des mois voir des années aux familles pour s’apprêter. En tout cas chaque samedi, les tambours résonnent jusqu’à l’aurore, les masques en herbes sortent et fouettent, les gens dansent en cercle sur la place du village et boivent du dolo jusqu’au bout de la nuit. Certains sont là par respect des traditions comme ce toujours très étonnant Zézouma (le lépreux) que j’ai vu avec son habituel casque militaire sur la tête, dansant avec tout le monde à 1h30 du mat le we dernier et pour d’autres c’est la sortie de la semaine, l’occasion pour les jeunes de se rencontrer, de draguer, de dépenser dans le dolo les maigreurs gagnées dans la semaine. L’ambiance y est des plus bon enfant et j’ai fini par comprendre qu’il est plus intéressant d’être avec eux à vider une calebasse et tailler une bavette plutôt que de rester dans son lit à se tourner et se retourner sans réussir à faire abstraction des tambours qui résonnent.

 

La semaine dernière, l’événement fût bien évidemment la semaine sainte et Pâques. Cette année plutôt que de vivre les offices avec la paroisse du CAS (près du TAF) j’ai voulu partager ces moments avec ma paroisse. La seule différence avec l’an dernier fût le vendredi ou le mime de la Passion a eu lieu le vendredi soir et non pendant le chemin de croix. Laurent était avec moi vendredi soir et c’est la première fois qu’il assistait à l’office du vendredi saint. Forcément, il a été assez surpris par leur volonté d’être au plus proche des écrits dans le mime (comme évoqué l’an dernier, le premier rôle (Jésus) est vraiment celui a évité car il se fait gifler, bousculer et fouetter proprement par les gardes avant de finir accroché par des ficelles sur une croix), mais le fouet fait complètement partie de leurs rites mortuaires et si forcément en tant qu’européen on est un peu stupéfait de voir l’acteur correctement chicoté, ici c’est normal vu que c’est son rôle dans les écritures !

A part çà j’étais samedi au mariage d’Edouard, le cuisinier du noviciat, avec la casquette de photographe officiel. Les mariages se sont très bien passés comme vous pouvez le voir sur le visage des mariées… et oui il y avait 2 mariées,

IMGP0829 ou plutôt même 3 à la mairie, mais même si cela se fait d’épouser 2 femmes en même temps, là Edouard n’en épousait qu’une mais partageait les cérémonies avec ses 2 frères et 2 nouvelles belle_soeurs … plus 3 autres couples pour la bénédiction dans l’église.

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Samedi soir, on s’en est bien tiré à la veillée car celle-ci n’a duré que 3h30 malgré la 40aine de baptême, ce qui fait tout de même 1h de moins que l’an dernier ou franchement j’avais finit par trouver çà longuet !

Dimanche c’était donc le grand jour de fête, le 1er que je passais à Bobo en connaissant vraiment du monde (je suis arrivé juste après Noel 2008, à Pâques 2009 je connaissais quasiment que des musulmans et à Noel 2009 j’étais à Banfora). Du coup, je me suis mentalement préparé au marathon et à l’orgie de bouffes et de boissons qui m’attendait. En effet, les jours de fêtes on doit passer voir la famille, les voisins, les amis et à chaque fois on nous offre à boire et ou à manger. Les visités sont aussi honorés de votre visite que vexés si vous ne passez pas ou refusez leurs plats.

En clair çà donne quoi ?

J’ai quitté mon domicile vers 10 heures pour passer chez Charles et Gladys où j’avais prévu de prendre un premier déjeuner. Là, j’ai bu un peu de Dolo avant d’être invité vers 12h00 chez une tantie à 50 mètres de chez lui qui m’a offert une bière avec assiette de frites et  poulet (j’ai réussi à poliment décliner la proposition de salade sinon j’étais foutu pour la suite).En sortant vers 12h45, j’ai été invité chez son voisin qui m’a offert une bière et un plat de pâtes accompagné de viande de porc. Vers 13h30 Gladys est venu me dire qu’elle m’attendait et je suis retourné chez elle manger des frites et des brochettes de bœuf arrosées de dolo. A 14h45 je les ai quittés pour aller faire mes salutations dans le quartier. A 15h j’étais chez la maman d’Alfred à manger du riz gras avec de la viande de porc et un verre de banghi, à 15h45 je suis passé voir Chantal, la grande tante d’Alfred qui m’a offert une calebasse d’hydromiel, à 16h15 en remontant un type que je connais dans le quartier m’a offert un verre de vin mélangé à du sopal avant que Stéphane (neveu d’Alfred) et ses amis ne m’offrent une calbasse de dolo. Vers 16h45 donc, j’étais rendu dans le cabaret de Rachel qui m’a offert une  nouvelle calebasse de dolo avec un plat de frites et de la viande de bœuf puis je suis remonté vers le collège Tounouma Garçons vers 17h15 pour saluer les Frères qui m’ont offert une bière. A 18h15 j’étais redescendu chez mes voisines, les sœurs de l’annonciation de Bobo, qui tiennent le collège Ste Marie mitoyen avec ma cour, où j’ai bu une nouvelle bière puis à 19h00 j’étais chez mon voisin le Père Philippe qui nous a offert des olives noires et du saucisson avec un petit vin de noix artisanal très bon, suivi d’un bloc de foie gras servi avec un jurançon, puis une terrine avec un rouge de Provence excellent et pour finir un petit limoncello maison toujours aussi fameux. Là-dessus, vers 21h00, vous n’allez peut être pas me croire mais j’ai fait les 50 mètres qui me séparait de chez moi et je suis allé dormir avec mon gros ventre en l’air ;-)) Quant au lundi de Pâques, je l’ai passé tranquillement chez Charles à regarder des films dans la cour sur l’ordi et j’ai été incapable de manger ou de boire de l’alcool de la journée, il me fallait 24h pour digérer tout ce qui avaient été ingurgités la veille. En tout cas, ce dimanche pascale fût pour moi mémorable, tout ceux que je suis passé voir ont été très content de ma visite et ce plaisir fût vraiment partagé. Bien évidemment, il y a d’autres voisins et amis comme Maurice le catéchiste ou Sylvestre le cuisinier de la maison provinciale que j’aurais vraiment aimé visiter, mais franchement il m’était sensiblement impossible d’en faire davantage !

Sur ce, je vais vous laisser, un très grand merci à Sébastien pour çà visite, tous les bons moments partagés et le colis que j’ai reçu de sa part hier, un second très grand merci à Jan, Xav et Mat pour leurs colis et leurs nouvelles bien réceptionnés le mois dernier, un troisième aux parents pour toutes les bonnes choses glissées dans la valise de Sébastien et le coup de fil que vous m’avez passer pour me prévenir pour Marin et un dernier grand merci à tous ceux qui me donnent régulièrement de leurs nouvelles auxquelles il m’est en ce moment difficile de répondre à cause de l’internet qui coupe tout le temps.

Dans le prochaine épisode, je reviendrai sur Lacina (le petit frère de mon ami) mais je vais attendre la prochaine fois car sinon malgré la coupe franche déjà réalisée ce post va vraiment devenir beaucoup trop long.

 

Biz

 

Yanndelabrousse


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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 18:12

Equilibrons un peu ce blog. Effectivement, m’autocensurant de facto sur la partie ‘‘mission professionnelle’’ je me rends compte qu’inconsciemment, je relate quasiment exclusivement mes sorties vacances ou évènementielles à grand renfort de photos, en omettant d’autres instants de ma vie ici parfois moins réjouissant qui se noient dans le quotidien. Assurément, il est plus agréable de partager des moments de joies que des situations moins roses, toutefois, le prisme de mes posts successifs, finit par présenter une réalité tronquée  de la vie à Bobo.

Aussi, aujourd’hui je vais vous raconter une histoire sans blague ni petit jeu à la fin, une histoire du quotidien. Par commodité, je vais la raconter de façon chronologique, qu’en bien même je l’ai découverte tel un puzzle depuis maintenant 9 mois.

 

J’ai un très bon ami (le nom n’apporterait rien là-dedans) qui a 2 grandes sœurs et a eu 3 petits frères dont 2 étaient jumeaux. Alors qu’ils étaient encore bébés, ces derniers ont souffert d’une méningite et si l’un pu être sauvé au prix de lourdes conséquences neurologiques, le second fût emporté par la maladie.

Bien des tentatives ont été entreprises par les parents puis le papa seul (la maman étant trop rapidement décédée) pour soigner l’enfant survivant. Médecine moderne comme médecine traditionnelles apportèrent leur lots d’espoirs … puis d’échecs. Certains médecins renommés vinrent même du Mali pour proposer des soins au petit, mais rien ne permit une évolution positive. Ainsi, il a 23 ans aujourd’hui et souffre toujours des lourdes conséquences de sa maladie, à savoir une déficience mentale lourde avec une incapacité à communiquer, l’incontinence, des crises d’épilepsies, etc…

. Au cours des 10 dernières années ses sœurs ont quittés la cour familiale pour rejoindre leurs foyers maritales, le dernier petit frère fait ses études à Ouaga et le papa a accueilli différentes belle-mères qui ont toujours eues pour trait commun un non intérêt voir une haine des enfants issus du premier mariage du papa.

Jusqu’à une époque, mon ami parvenait à concilier sa vie de famille (marié et père d’un enfant) et sa vie professionnelle avec le temps et l’attention que nécessitent chaque jour son petit frère. Ainsi, il avait installé des crochets au portail de la cour afin qu’il puisse profiter du plein air et faisait régulièrement des promenades avec lui dans le quartier.

Puis différents évènements sont venus changer la donne.

Tout d’abord son travail ne lui permettait plus de s’occuper ainsi de son petit frère, il demanda donc au papa de prendre le relais.

Un jour, le jeune parvint à sortir de la cour alors qu’il était seul et passa très près de la noyade. Un voisin l’ayant vu en grande difficulté dans la rivière située à une centaine de mètres de la cour, eut peur de s’approcher pour tenter de le sauver, mais vint en courant informer mon ami qui par chance rentrait à cet instant du service. Ce dernier s’empressa et sauva in extremis son petit frère.

 Régulièrement, étant incommodé par ses selles, il se dévétissait dans la cour. Par ailleurs, ayant une faible capacité de discernement, même juste après un repas il pouvait venir dévorer tout ce qui traînait dans une marmite ou plus simplement la renverser.

Cette situation, déplaisait fortement à la marâtre qui finit par convaincre son époux de prendre la solution la plus classique ici… l’enfermement. Ainsi, il vit depuis dans un bâtiment de 2 mètres sur trois. Le logement est perpétuellement fermé avec des volets légèrement entrebâillés laissant passer quelques rayons à l’intérieur en fin de journée. Il n’y a pas de radio, pas de télé, pas de lit, juste du linge pour se coucher.

La première fois que j’ai été invité chez mon ami, j’ai découvert l’existence de ce petit frère, celle-ci ne pouvant d’ailleurs être cachée car on l’entend assez régulièrement pousser des cris.

De mémoire, j’ai dû proposer d’aller le saluer, mais j’ai essuyé un refus et m’y suis soumis.

 

Puis les mois sont passés, je suis venu de plus en plus réguliérement chez mon ami, en moyenne je dois bien y venir 3 fois par mois. Très souvent, j’ai entendu les cris de son frère et j’ai essayé comme tout le monde de m’en incommoder, c'est-à-dire feindre de ne pas leur donner d’importance en continuant mes occupations du moment. C’est tellement plus simple d’ignorer. En fait, tout mon corps était d’accord pour ignorer, seule ma conscience venait foutre sa merde la dedans. On peut tenter de l’ignorer elle aussi, mais çà ne marche pas! Du coup, il y a un moment, sans qu’on sache pourquoi ce moment, où on se dit « Merde, je dois réagir, je dois en parler avec mon ami même si c’est tabou, je dois faire quelque chose pour cet homme car je ne peux pas rester sans rien faire. Si j’accepte l’inhumain, je cesse d’être humain » Il n’est pas impossible que cette réaction soit liée à l’évangile de St Paul aux corinthiens ( 1 CO 12, 12-27) que nous avons entendu au mois de janvier dont je vous remets un extrait : 

Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres.

12:15

Si le pied disait : Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps-ne serait-il pas du corps pour cela ?

12:16

Et si l'oreille disait : Parce que je ne suis pas un oeil, je ne suis pas du corps, -ne serait-elle pas du corps pour cela ?

12:17

Si tout le corps était oeil, où serait l'ouïe ? S'il était tout ouïe, où serait l'odorat ?

12:18

Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu.

12:19

Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ?

12:20

Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps.

12:21

L'oeil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n'ai pas besoin de vous.

12:22

Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires ;

12:23

et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d'un plus grand honneur. Ainsi nos membres les moins honnêtes reçoivent le plus d'honneur,

12:24

tandis que ceux qui sont honnêtes n'en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait,

12:25

afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres.

12:26

Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui.

12:27

Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.

 

 

Du coup, je n’ai pas attendu longtemps pour agir. Ca m’a trotté  dans la tête le matin et le midi, je profitai de partager une calebasse de dolo avec lui au cabaret pour lancer le sujet. Finalement pour en parler avec lui, c’était peut être pas plus mal d’avoir attendu autant de temps, car notre amitié est davantage prête aujourd’hui à se dire les choses franchement sur ce type de sujet et je pouvais me mettre en même temps que lui sur le banc des accusés n’ayant jamais vraiment insisté pour ne serait ce que saluer son petit frère en 9 mois. Cette discussion m’a permit de mieux comprendre l’histoire de ce petit frère, ce qu’il vit aujourd’hui.

De mon côté, il en a résulté 2 engagements personnels. Le premier, me renseigner pour trouver un centre d’accueil… mais les premiers résultats sont un zéro pointé doublé d’un certain pessimisme, vu que sur les personnes que j’ai pu interroger à ce sujet, aucun centre n’existerait… toutefois je n’ai pas dit mon dernier mot pour autant, je vais continuer à contacter les personnes que je connais dans les milieux associatifs et médico-sociaux.

Le second de passer le voir une fois par semaine, d’une part pour lui rendre visite et essayer à terme de le sortir un peu, d’autre part pour inspirer à la famille d’en faire de même. Mais là, c’est aussi pour le moment un échec. Je dis pour le moment car je pense que c’est une question de persévérance et d’étapes. En fait, j’ai bien essayé de le voir, mais son frère m’a avoué que çà fait maintenant 3 ans qu’il est enfermé, 3 ans qu’il n’a pas mit un pied dehors, 3 ans qu’il se fait des plaies en se cognant contre les murs et également un bon bout de temps qu’il n’a pas été coiffé et rasé. En conséquence, il me dit qu’il n’est pas présentable pour le moment et qu’il faudrait préalablement le  ‘‘préparer’’.

J’ai rappelé à mon ami que la convention des prisons interdisait que même le pire des salopards des hommes de ce monde ne fassent plus de 45 jours de mitards et encore avec une heure de promenade par jour… son petit frère a dépassé les 1000 jours sans aucune sortie !

Maintenant, forcément çà a tellement duré que tout est compliqué. Je comprends que la famille se trouve dans une position bien inconfortable et qu’il est difficile de faire machine arrière, de s’occuper à nouveau du petit frère comme on doit s’occuper d’un frère, d’affronter les contraintes que cela ne manquera pas de poser comme le regard des gens du quartier ou des visiteurs. Moi dans tout çà, je vais insister pour que çà se fasse, sans être trop pressant, mais avec un vrai entêtement de breton.

 

L’histoire de ce garçon de 23 ans est vraiment choquante, mais il ne faut pas oublier avant de juger qui que ce soit, que la famille s’est tout de même longtemps battue pour lui avant de baisser les bras puis de laisser pourrir la situation. Ici, dans la majorité des cas, le traitement réservé aux handicapés mentaux est bien plus radicale. Ainsi, en brousse, dés qu’on pressent la folie (ici on ne parle jamais de malades mais toujours de fou) on l’attache à un arbre. En ville, la solution directe est l’enfermement. Eux, se disent que vu qu’ils ne peuvent pas soigner le fou, il est préférable de l’attacher et de l’isoler pour qu’il ne fasse de mal ni à lui-même ni aux autres. Voilà comment on en arrive là !

 

Je vous tiendrai au courant dans mes prochain post, s’il y a du neuf pour ce garçon. Prenez soin de vous et de vos frères car nous ne formons tous qu’un seul corps !

 

Bon mois de février à tous

 

Yann

 

Ps : Première petite victoire du têtu de breton ;-)) Comme prévu, j’ai relancé la question de la date à laquelle je pourrai visiter le petit frère sur le tapis toutes les semaines et hier soir j’ai pu le saluer. La porte s’est seulement entrouverte un petit quart d’heure, le petit frère était particulièrement affaiblit par une récente crise d’épilepsie. Il ne peut pas tenir sur ses jambes car étant enfermé dans une pièce si petite ses muscles se sont complètement atrophiés et sont gros comme mes avant bras. Moi en fait j’ai pas su trop quoi lui dire et lui ne parle pas. Toutefois, j’ai le sentiment qu’il reconnait les gens et il n’est pas impossible du tout qu’il les comprenne. Maintenant, je vais m’en tenir à mon plan … une visite par semaine. On verra dans quelle mesure ses visites peuvent s’agrémenter de sortie avec le temps, par ailleurs (déformation professionnelle oblige) en le voyant je me suis fixé un nouvel objectif. Je souhaite qu’un jour en venant le voir il m’offre un sourire, ce jour là je serai que je lui aurai rendu un peu d’humanité ;-))


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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 15:08
 

Avant tout, j’espère malgré un climat particulièrement rugueux les fêtes se sont bien passées chez vous et je vous souhaite une excellente année 2009 riche en rencontre et pauvre en emmerdes !

De mon côté, comme prévu, j’ai beaucoup tourné pendant ses fêtes. Le WE précédent je suis allé avec les Canon (une famille d’anciens coopérants qui ont occupé mon logement il y a une 10 aine d’années) à Bonzon. C’était l’occasion de rencontrer le directeur de la coopérative des rizières qui font vivre 530 familles, de découvrir la récolte du riz

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puis de visiter une bananeraie

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et de voir 2 hyppos qui nageaient dans le marigot situé juste en dessous.

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Le 23, j’ai récupéré la moto du Père Philippe pour partir aux aurores le lendemain fêter Noel chez Laurent à Banfo où les coopérants de la ville ainsi que celles de Toussiana c’était donné rdv pour la fête. La journée fût consacrée aux préparatifs avec notamment l’égorgement des poulets qui fût particulièrement sanglants (il est possible qu’emporté par mon élan, l’incision que je voulais porter à la gorge ce soit terminer par une décapitation en bonne et dû forme ;-)). A 17h nous avons reçu les amis du coin autour de pizzas cuites au feu de bois

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avant de prendre la messe de Noël et de réveillonner avec les Frères St Viateur (çà ce n’était pas au programme du coup le second réveillon qui nous attendait à la maison était presque de trop). Pour finir nous avons donc reréveillonné à la maison (je remercie encore à cet effet les parents et gd-parents qui nous ont fourni vin et foie gras, très appréciés en la circonstance) et terminer la soirée par des parties de loup garou. Bien évidemment, c’était un Noël bien différent des années passées, mais il n’en a pas été moins sympa, même si le coucher fût quelques peu tardif (5h30) au regard du programme bien chargé du lendemain.

 

En effet, à 7h00 le réveil sonnait et je me mettais en route avec Lolo pour aller chercher Robert (collègue de Laurent, professeur de français, natif de Gaoua) et partir vers le chef lieu de la région du Poni et du pays Lobi (Gaoua). La route était longue (250 km de piste) et particulièrement poussiéreuse. Toutes les techniques furent donc bonnes pour limiter l’accumulation de boue dans les poumons, d’autant que ceux-ci sont déjà englués dans le goudron de mes cigarettes, il fallait bien que je les ménage un peu ;-))

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Bref, après 6 heures de route entrecoupée de pauses pour nettoyer mes hublots qui ne laissaient plus passer la lumière, nous avons fait escale à Loropéni, site qui vient d’être classé au patrimoine mondiale de l’UNESCO pour ses ruines, mais qui franchement ne présente pas un très grand intérêt. En fait c’est un grand mur sans rien de particulier à moitié par terre. Le seul intérêt qu’on peut lui prêter c’est qu’il fût érigé vers l’an mille et donc qu’il eut une multitude de fonction au travers des siècles, point final… donc je ne m’étendrai pas davantage sur ces ruines.

Après un p’tit bout de pâté, nous reprenions la route vers Gaoua. Petit imprévu, Laurent avait confié sa moto à Robert et avait vu qu’il avait regardé la jauge d’essence à la pause casse-croute, logiquement, Laurent s’est dit que celui-ci avait jugé qu’il y en avait assez pour aller jusqu’à Gaoua vu qu’il n’a pas émis le souhait de se réapprovisionner dans les villages traversés … Erreur, quelques kms + loin, suffisamment pour ne pas avoir envie de faire demi-tour mais pas assez pour être proche d’un nouveau village ce fût la panne sèche. 2,3 minutes de palabres et réflexion pour trouver la meilleure option, puis me vînt une idée lumineuse … « j’ai du fil pour accrocher ma moustiquaire et si nous l’utilisions pour tracter la moto avec ma moto ? » Voilà une bonne solution africaine qui convainc tout le monde, du coup j’ai tracté la moto de Lolo sur une 10 aine de Kms. C’était un peu folklo notre affaire, surtout quand il fallait s’arrêter puis redémarrer à chaque hameau que nous croisions en espérant trouver le précieux liquide, mais in fine on s’en est très bien sorti !

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Arrivé sur Gaoua une nouvelle épreuve d’endurance nous attendait, vu qu’après une petite douche au seau bien méritée, nous devions faire le tour de la grande famille de Robert en commençant par ses oncles paternels qui fêtaient un baptême. Une fois les verres de vin et calebasses de dolo vidés,

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le frère de Robert a insisté pour que nous l’accompagnions saluer sa belle-famille. Franchement, ce fût l’une des rencontres les plus intéressantes depuis que je suis arrivé au Burkina. Je peux vous assurer que j’étais physiquement épuisé par le manque de sommeil et la piste parcourue toute la journée qui demande beaucoup de concentration (il y a toujours, une pierre, un trou, une zone de sable à maîtriser), mais ce vieux m’a bluffé par sa prestance et la sagesse de ses propos du coup j’ai dû m’accrocher pour lancer et suivre des débats qui étaient passionnants. Ainsi autour de nous, il y avait 4/5 jeunes et le vieux, colonel à la retraite ayant été ministre de différents portefeuilles dans les années 80, qui enseigna avec des mots bien sentis tout ce petit monde sur la culture et l’histoire des Lobis. Origine des noms, mélange de culture matriarcale et patriarcale, animisme, rite d’initiation, rivalité inter-ethnique, religion, colonisation, nous avons ainsi partagé l’enseignement de l’histoire d’une ethnie dans la plus pure tradition orale africaine et c’était vraiment un moment exceptionnel !

Le lendemain, levé de bonne heure nous sommes allés visiter le musée du Poni et la rencontre de la veille nous a permis de poser des questions pour approfondir nos connaissances de la culture Lobi. Celles-ci étonnèrent un peu le guide peu habitué à voir des blancs maîtrisant autant la culture et l’histoire du pays.

Après un déjeuner à la table du papa de Robert, nous avons repris la route en direction de Diébougou (80 km de bonheur, euh de goudron)

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où nous avions prévu de faire étape. Arrivé chez les Frères, j’apprends le décès du papa du Frère Anicet (directeur du collège de Tounouma) à Dissin. Vu que c’est à 40 km, nous avalons zap-zap une petite biére agrémentée de quelques sauterelles grillées

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puis nous reprenons tous la route pour aller nous recueillir là-bas. Son papa, habitait dans un petit hameau très reculé au milieu de la brousse et trouver la bonne piste ne fût pas aisé. Arrivé sur place, il faisait nuit noir, nous nous approchons de la cour pour trouver dans la pénombre d’un feu de bois la famille et non pas un mais 2 corps exposés. Je dois bien avouer qu’ avec l’obscurité ce n’est qu’au moment de partir que j’ai compris que la femme d’une 40 aine d’années à côté du papa décédé n’était pas assise à garder le corps mais défunte également. L’ambiance est particulière, dans la tradition il n’y a pas de mort naturelle, le corps est donc vêtu de ses beaux habits et assis dans un fauteuil devant la case, il doit rester là pendant 3 jours pour qu’on puisse l’interroger et qu’il donne la raison de son décès avant de procéder à l’enterrement. Les femmes gémissent, pleurent et viennent se lamenter près du corps. Elles touchent, incrédules, pour vérifier que la vie est bien partie avant de poursuivre leurs lamentations. Les griots tapent les tambours et le balafon pas tant en l’honneur du défunt que pour couvrir les pleures des femmes et atténué le côté pesant de la scène. Les hommes s’assoient sur les bancs et attendent seulement. La famille offre aux personnes venues parfois de loin le ventre vide dés l’annonce du décès quelques arachides, du jus de tô ou une calebasse de dolo préparé dans la hâte. Avec la nuit qui avance, les pleures des femmes se calme, certaines se couchent à quelques mètres des défunts soit sur une natte soit à même le sol et prennent un moment de repos. Tous les autres restent assis sur leurs bancs, sans dire mot. Après quelques heures nous demandons la route et regagnons Diebougou. Le lendemain, nous apprenons que la femme défunte à côté du papa est une voisine de cour décédée 2 heures avant notre arrivée d’une crise de rage. Chose surréaliste pour moi, celle-ci a mordue une autre femme avant de rendre l’âme et c’est seulement le lendemain matin que l’information est transmise aux Frères qui partent alors faire le tour des pharmacies pour trouver un sérum antirabique et tenter ainsi de la sauver. Quand on sait que 24 heures après la morsure, la crise de rage irréversible commence, il est pour moi assez stupéfiant qu’ils aient laissé passer 17 heures avant de s’en soucier. Je ne sais pas si cette femme à finalement survécue, mais c’est peut être mieux ainsi, je n’ai pas envie de savoir.

Après une ballade sur une colline dominant le secteur, un petit tour au marigot à traquer les caïmans et un bon repas, nous reprenons la route en direction de Bobo en passant comme avec Matthieu par le goudron avec une petite pause culture à Boni pour l’église puis une autre hydratation à Houndé avec une bière bien méritée pour arriver à Bobo avec un magnifique coucher de soleil.P1040963.JPG

Une fois la moto rendue au Père Philippe, nous allons au cabaret vider une petite calebasse et  voilà que Zézouma arrive dans un beau boubou de fête déjà bien sale qu’il a reçu à Noel. Dans la pénombre, je le salue et lui offre de boire à ma calebasse, Laurent qui est assis à côté de moi le salue également. Dans le noir celui-ci a bien trouvé la main du pauvre Zézouma bizarre mais n’a pas remarqué qu'il est lépreux. Même s’il était un peu tard je l’informe après coup et le rassure. Forcément, çà lui a fait bizarre, comme pour moi il y a quelques mois quand je fis la connaissance de Zézouma. La scène était d’ailleurs cocasse car tous connaissent, rigolent de ses aventures et respectent Zézouma, toutefois ils ont vraiment peur de sa maladie et ne s’aventurent pas à le toucher et voilà qu’au milieu d’un cabaret on trouve 2 blancs (ce qui est déjà rare) qui lui serrent la main, rigolent avec lui et lui tendent leurs calebasses ;-))

Le lendemain matin nous voilà à nouveau sur la route, cette fois en car en direction de Ouaga. Arrivé dans l’après-midi, nous retrouvons une bonne partie du groupe dans la soirée et compte tenu d’un sommeil léger, je profite d’être réveillé de bonne heure pour prendre la messe à 05h30 à la cathédrale située 100 mètres à côté de la communauté dans laquelle nous logions.

Vers 08h00 on commence à rassembler tout le monde, on récupère le minibus de 15 places, on fait les courses pour la fête qui se prépare (31) et nous prenons la route. Pause à Kaya, ville aux portes du sahel où nous déjeunons  et récupérons 2 coopérants. Avec le chauffeur nous voilà 14, il reste juste un strapontin pour assoir notre guide un peu plus loin et nous sommes au complet. Le paysage change, fini la brousse, place à la savane, terre aride parfois sableuse clairsemée d’arbustes offrant de longs piquants à tous les animaux tentés de venir les brouter.

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Ici, il n’y a plus de légumes ni de fruits, seulement des troupeaux de chèvres hautes sur pattes et de zébus qui se déplacent au gré du fourrage et des points d’eau qui subsistent.

Nous voilà chez les nomades, peuples de Peuls et de Touaregs aux habitats de pailles démontables

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J’ai passé 4 nuits à la belle étoile, tantôt sous moustiquaire sur une natte dans un campement,

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tantôt dans mon petit duvet à même une dune de sable,

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on a vu un superbe coucher de soleil sur Bani,

 

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ainsi que leurs célèbres 7 mosquées disposées sous forme humaine, elles furent vues en songe puis construites par une sorte de prophète musulman local.

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On est passé au marché au bestiau de Gorom-Gorom où nous avons fait l’acquisition d’ un beau bélier que j’ai contribué à zigouiller sur la dune de Oursi le 31 soir (Oui je sais le chargement de notre minibus avait vraiment des allures de taxibrousse africain ;-))

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sauf, bien sûr lorsque nous chargions l'habitacle pour profiter de la vue sur le toit !

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Puis on a fait de la lutte, du football et une soirée guitare avec des 10 aines d'enfants sur une dune à Gorom-Gorom  autour du feu

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avant ce fameux 31 ambiancé par le djembé, la guitare et une sono sur les dunes d’Oursi où nous avait rejoint 3 autres convois de coopérants avec leurs familles.

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Les photos parlent d'elles-même, nous avons vraiment bien fêté çà ...même si certains semblaient un peu perdu dans ce desert de sable !

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Pour ces quelques nuits nous avons eu la chance de trouver une pleine lune éblouissante et le mot est choisi car celle-ci étant plus proche de la terre lorsqu’on est proche de l’équateur, il fallait bien les lampes torches au crépuscule, mais dés la lune levée, elle faisait office de giga spot nous éclairant au-delà du nécessaire pour toutes nos activités nocturnes. En revanche n’aimant pas trop la lumière au moment de chercher Morphée, je devais serrer le duvet pour que ne dépasse que le nez afin de ne pas être gêné par sa lumière … sauf le 31 ou 8.6 Bavaria (les amateurs de bière comprendront) et fatigue aidant, j’ai dormi comme un loir les quelques heures qui restaient ;-))

Au lever du soleil, il était tant de replier bagages

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et de contempler une derniére fois le paysage avec un troupeau de zébu à l'horizon

 

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avant de regagner Bani puis Bobo.

En tout cas ces vacances ne furent pas de tout repos physiquement, mais ont été l’occasion de découvrir 2 coins opposés du pays qui m’étaient jusqu’à présent inconnu, de découvrir 2 ethnies : Les Lobis au sud-ouest et ces salopards de bandits de voleurs de bœufs de Peuls (ce sont mes esclaves, les parents en plaisanteries des Bobos) ainsi que de faire la connaissance de quelques coopérants arrivés en septembre que je n’avais pas encore croisé sur ma route.

De retour à Bobo avec la fatigue accumulée, je m’attendais à devoir soigner un petit palu, finalement c’est une grippe que j’ai ramené de chez les Peuls qui m’a contraint à un petit jour de repos … sur ce coup là je m’en suis tirer à bon compte!

Ce WE, j’ai accueilli Amandine (coopérante St Viateur à Banfo) et ses parents à la maison. Je leur ai fait découvrir la ville et ses environs. Ce fût l’occasion pour moi de découvrir un artisan bronzier assez extraordinaire. Un vieux père qui a bourlingué en Europe et qui n’hésite pas à vous remettre avec fierté une photocopie de son diplôme de chevalier d’honneur des Arts et Métiers.  La qualité de son travail n’a d’égal que la précision du geste et la clairvoyance de son seul œil. J’essaierai certainement de repasser le voir. Pendant que nous regardions l’artiste à l’œuvre près du Wé (le marigot avec les silures sacrés) Nous avons eu droit à l’illustration pratique du cours théorique que je venais de donner au papa d’Amandine. En l’occurrence, un imbécile a trempé son hameçon dans le marigot et en a sorti en beau petit silure. Le papa d’Amandine voyant çà m’en fait la remarque et bien gêné de la situation, il a constaté qu’il n’avait pas finit sa phrase que les 4 hommes assis à côté de nous se sont levés comme un seul pour attraper l’idiot et le chicoter comme il fallait. Celui-ci d’ailleurs, à tout de même bien gérer son problème, car plutôt que d’essayer de fuir ou de se défendre, ce qui l’aurait amené à une mort certaine car tout le quartier s’y serait mit, à préféré prendre humblement les 3 minutes de baffes et de coups de sandales dans la tête en demandant pardon, ce qui lui a value la clémence des ses bourreaux et par la même la vie sauve. Après ses émotions j’ai eu la chance de me faire offrir par les parents d’Amandine un autre type d’émotions… 20 minutes d’ULM. En effet, en partant pour Banfo le 24/12 j’ai été en repérage dans un village à 20 Km de Bobo où j’avais vu un petit panneau en bord de route indiquant des vols d’ULM. L’affaire tenue par un blanc m’ayant semblée sérieuse, çà a convaincu Amandine d’y emmener ses parents qui ont eu la bonne idée de m’en offrir un tour. 20 minutes entre 4 et 500 mètres d’altitude à survoler les falaises de Péni, à passer au dessus des villages et de la brousse, c’était vraiment top ! Le type qui pilote est un vieux blanc de 65 ans environ entretenant parfaitement son appareil et maitrisant très bien son engin le vol fût vraiment agréable et vu que celui-ci est bobolais, j’ai bien l’intention d’ici mon départ de trouver l’occasion de m’offrir un vol au-dessus de Bobo ;-))

Là-dessus je vais vous laisser, je vous souhaite à tous encore une heureuse et sainte année 2010 qui sera aussi si Dieu le veut l’année des retrouvailles.

 

Biz

 

Yanndelabrousse

 

ps spécial bidoche: la série des viandes un peu farfelues passées par mon palais s'allonge avec du porc épic et du phacochére. Le dernier nommé comme tout le monde s'en doute se rapproche beaucoup du sanglier, quand au premier, il faut surtout faire attention à ne pas manger les plombs qui l'on conduit dans mon assiette ( c'est mauvais pour les dents) ;-))


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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 15:09

Merci à tous pour vos messages de soutien à la suite du dernier post. Depuis comme prévu, les histoires ont fini par se tasser et les vacances ont fait beaucoup de bien pour tourner définitivement cette page. Malheureusement elles viennent de s’achever et j’ai dû remettre mon ``petit’’ au car hier. Encore un très grand merci à franginamphibie pour ce long voyage et ces 10 jours passés ensemble. Vraiment, je suis mort physiquement parce qu’on a tourné, tourné fatigué comme on dit ici mais c’est une bien saine et douce fatigue !

Oui, on a tourné. Vu que le compteur de la moto du Père Philippe a pris 1300 Km dans la vue dont 500 de piste voir de hors piste au milieu de la brousse, lorsque l’idée plus ou moins farfelue d’escalader une bosse ici ou une colline là nous prenait. On a roulé de jours, on a roulé de nuit, on a roulé toujours et Dieu merci sans ennui. DSC01386.JPG

Ainsi, après une arrivée de Mat en douceur à Bobo le jeudi midi avec le traditionnel ``PF bière’’ suivi d’une petite ballade en moto dans la ville et de la visite de Dioulassoba (le vieux quartier), nous sommes partis de bon matin en direction de Toussiana pour voir les coopérantes, les Frères du CMPT et surtout pour faire une petite partie de pêche avec tout ce petit monde sur le barrage situé à 3 Km de l’école. DSC01376.JPGNos hameçons étant un peu trop gros  pour les petites carpes qui nageaient autour de nos lignes de bambou, du coup nous nous sommes contentés d’engraisser nos proies avec nos appâts ;-))

Après le déjeuner, nous avons rejoint Banfora pour passer l’après-midi avec les coopérants avant de remonter vers le CLIMA à Bérégadougou où de bons petits morceaux de varan nous attendaient.

Après une nuit un peu réparatrice, nous étions à 8 heures du matin de retour sur Banfora pour partir avec les coopérants prendre un petit déj en haut des dômes où nous avons vu quelques singes sauter de branche en branche

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puis passer la journée aux cascades de kerfiguela située seulement 1 ou 2 petits km en amont des dômes. DSC01500.JPGCette sortie fût aussi l’occasion de  sucer quelques  bâtons de canne à sucre pour prendre quelques forces avant la soirée.

En effet, vu que le programme de la journée suivante était assez chargé, nous avions convenu de ne point trop abuser sur l’heure le soir. De fait, après un p’tit resto et un passage rapide dans un maquis ou se produisait un groupe de qualité médiocre nous sommes rentré chez Laurent juste après les 12 coups de minuit. Malheureusement, nous avions convenu de boire un p’tite goutte de génépi et de limoncello avant de nous coucher. Bilan des courses, la voix éclaircie, le diapason rouge nous a attrapé et nous avons joyeusement chanté jusqu’à 4h00 du mat… Bref, 7h00 tout le monde debout, un p’tit kawa, une dose de C1000 (la pub dit que çà vaut 20 oranges ;-))  et nous partions avec Laurent pour une centaine de bornes sur piste en direction de Sindou et de ses pics. En fait les pics de Sindou sont comme les Dômes et rappellent, pour ceux qui connaissent, Montpellier le vieux en France. C’est une curiosité géologique qui se situe sur la fin d’une ancienne chaîne de montagne qui commence au Mali dans le pays Dogon. Les pics sont à la fois saillants par endroits et polis à d’autres ceux –ci ayant été sous la mer il y a …. longtemps avant Jésus Christ ;-))IMGP0339.JPGIMGP0359

Après un bon riz sauce arachide trouvé dans un maquis du coin, nous avons repris la route en mangeant à nouveau la poussière déjà très présente en cette période d’harmattan. Une fois à Banfo, ce fût l’occasion de manger de bonnes galettes de sarazin avec un bout de sifflard (trésor ramené par mon petit de France) puis nous avons repris la route de nuit vers le lac de Tengrela pour gagner un petit camp très sympathique et passer la nuit dans une case.DSC01576-copie-1.JPG

Le lendemain matin (bon la je suis gentil car en se levant à 5h15, je sais pas si çà mérite de s’appeler le matin ou la nuit), nous nous sommes levés sous les étoiles pour apprécier un levé de soleil sur le lac ainsi que les hyppos au repos après leur nuit de broutage. Malheureusement, on ne gagne pas à tous les coups et la poussière de l’harmattan à considérablement masqué le levé de soleil, quand aux hyppos, si ce n’est pas en lançant une coco de rônier à proximité de l’animal pour lui faire un peu sortir la tête hors de l’eau, nous n’en aurions vu que les narines. Toutefois, c’était tout de même une ballade de 2 heures en barque, tranquillement sur le lac à voir toute la faune se réveiller autour, puis les pêcheurs arriver 1 à 1  pour vérifier leurs filets dans l’eau et c’était bien sympathique. D’ailleurs, il fallait fêter çà dignement et du coup on s’est fait un pur Mc Do à Banfora… royale (je précise que ce Mc Do n’est pas franchisé et que les frites comme le hamburger sont fait maison avec un bon steack… le meilleur Mc Do du monde) Là-dessus bien reput nous reprenions la route en direction de Bobo en s’arrêtant chez Lolo puis pour le déjeuner à Bérégadougou.DSC01670.JPG En arrivant sur Bobo, nous avons fait une petite escale dans la famille de Charles pour saluer Gladys et Donald (le fils de Charles) et faire goûter à Mat le tô (çà ne l’a pas convaincu vu que j’ai dû finir son assiette).

Le soir, Amandine (coopérante St Viateur à Banfora) qui nous avait rejoint pour une formation à Bobo, nous à accompagner chez Alfred pour manger un bon plat de toutou après un petit tour dans les cabarets pour vider quelques calebasses de dolo.

Le mardi après déjà 500 km parcourus en moto, j’avais décidé d’un programme à pied. Du coup on est parti en direction du grand stade en s’arrêtant au musée de la musique, avant de remonter vers la maison provinciale pour que je présente Mat aux Frères.

 Après avoir déposer le Frère Maxence en 4x4 à la gare routière nous sommes redescendu vers le marché aux légumes et le grand marché puis vers les bronziers. Bref, un bon petit tour à pied dans toute la ville.

Le soir dans la nuit après l’arrivée de Laurent pour la même formation qu’Amandine, nous avons repris la moto pour se faire un petit 5éme fromage-saucisson sur une petite bute à 15 km de Bobo. Ce fût d’ailleurs un peu folklo, vu qu’on ne distinguait pas grand-chose de nuit sur la partie piste…et surtout hors piste, mais çà s’est fait sans problème… enfin surtout pour moi, car les fesses de Matt on fait quelques bonds du plus bel effet lorsqu’on est passé en mode ``cross à l’aveuglette’’.

Le lendemain, levée aux aurores pour changer et grosse journée moto, vu que nous sommes partis déjeuner à Diebougou en empruntant la voie rouge à l’aller et le goudron au retour soit tout de même 400 bornes avalées. Ainsi, la ballade nous à fait traverser quelques villages, passer à côté de petits lacs, DSC01690-copie-1.JPGvoir les récoltes de mil et de coton dans les champs avant d’arriver vers 10h30, couvert de poussière rouge de latérite à Diebougou. Nous en avons profité pour faire une petite promenade le long du marigot du côté des trous à crocos avec beaucoup plus de réussite que pour les hippos vu que nous avons pu les approcher à moins d’un mètre en passant au dessus des trous.croco2.JPG Vraiment çà c’était top et je pense que çà restera un des grands souvenirs du voyage de Mat. Directement après le repas nous avons repris la route en passant par Dano, Pâ, Boni où nous avons fait escale pour voir l’église dons l’entrée est en forme de masque de calao (masque Bobo...bwaba pour être plus précis). DSC01726-copie-1.JPGCette église rappelle qu’ici, il y a 15% de catholiques, 7% de protestants, 60 % de musulmans et …100% d’animistes ;-)) puis nous avons traversé Houndé avant de gagner Bobo dans la nuit vers 19h00.

Le Jeudi, journée un peu plus cool, nous avons profité de la matinée pour refaire un tour chez les bronziers et les sculpteurs sur bois après la visite du musée de l’houet puis l’après midi nous sommes partis avec Amandine à Koumi pour saluer Benoît (coopérant qui gère la bibliothèque) et visiter le vieux quartier. La visite était franchement minable, je pense principalement à cause du fait que je ne me suis pas laissé faire par l’imbécile de guide qui pensait nous escroquer comme n’importe quel toubabou. Pour ce remettre de cette petite déception on  s’est fait un capitaine grillé (poisson) au bord de la route qui nous a régalés.

 

Le lendemain, j’ai modifié un peu le programme pour aller faire un tour dans la forêt de Kou à la guinguette. Sur la route on a décidé de faire un coup de hors piste pour gagner une colline de laquelle on observait la brousse sur quelques dizaines de km. Dis comme çà, c’est simple mais notre hors piste était vraiment costaud entre graviers de carrière, sable, trous, bosses et branches d’épineux. Bref, il a même fallut parfois s’employer à porter la moto incapable de passer certaines zones et on s’est bien amusés sur ce coup là.

DSC01706-copie-1.JPG

Pour regagner la route on a trouvé finalement un petit chemin qui nous à fait passer au milieu de 2 ou 3 hameaux de 4 ou 5 cases en saluant les gens étonner de voir 2 blancs sur une moto passant par leur cour en pleine brousse. Une fois à la guinguette, je n’ai pas pu m’empêcher d’initié mon petit aux singeries dans les lianes. DSC01874-copie-1.JPGAu milieu de la forêt, j’ai reçu un coup de fil de Charles qui me demande si j’ai mon carnet de baptême pour être le parrain de son fils Donald qui sera finalement baptisé le lendemain (la décision a été prise le jeudi soir par le prêtre)… désolé Charles mais je ne l’ai pas et la veille pour le lendemain çà va être un peu compliqué de faire venir çà de France ! Enfin nous sommes repartis bien sales sur Bobo pour manger un steack de biche sauvage dans un maquis.

Après quelques détails logistiques que j’avais à régler pour le mariage de Charles (le lendemain), on a retrouvé Alfred dans un cabaret puis on s’est apprêté pour aller à Dafra, grand lieu de sacrifices animistes en Afrique de l’Ouest. Nous avons récupéré au passage 4 litres de dolo, Lolo et Amandine ainsi que 2 poules pour arriver un peu tard sur le site faire nos sacrifices puis verser des boulettes de petit mil et les entrailles des poules aux silures sacrés sous le regard bienveillant d’un boa (en tout cas bienveillant ou non il ne nous a pas bouffé).

Le samedi encore une fois le levé était matinal, vu  qu’il restait pas mal de détails à régler pour le mariage de Charles. Moi j’étais dans un premier temps responsable du déplacement de la chorale, donc je suis allé chercher la bâché au collège de Tounouma avant de récupérer en 2 tours tout ce petit monde. Oui, il a fallut 2 tour car en mettant trois bancs à l’arrière, je ne suis parvenu qu’à caser 20 personnes dans la première tournée ;-))

Pour l’occasion je m’étais fait coudre le pagne de ma paroisse en tenue, sans omettre de demander à mon couturier des brodes de triskell et d’hermines sur ma chemise. Oui je suis devenu africain, mais je serai toujours breton ;-))

Lolo lui s’occupait de la caméra, après la cérémonie j’ai pris le costume de chauffeur des mariés au volant d’une 605 haut de gamme. La célébration à l’église ainsi que la cérémonie à la mairie se sont très bien déroulées. DSC01914-copie-1.JPGEnsuite nous nous sommes dirigés en convoi jusque chez Charles où l’attendait le comité d’accueil avec des griots pour ambiancer la réception. J’ai pris place à la droite de Charles sur la table d’honneur. Quelques discours, quelques danses et de bons plats de salades et de viandes, la fête étaient très réussie.

Le dimanche matin on a pu faire la grasse mat… jusqu’à 06h30, vu que la messe est à 07h30, puis après la messe on est passé chez Alfred pour manger un bout des poulets sacrifiés. Ensuite il a fallut dire au revoir à Lolo et Amandine qui devait regagner Banfora puis je suis reparti avec Matthieu chez Charles où Gladys avait préparé le morceau de boa que je lui avais confié 3 jours avant. Pour finir cette bonne journée on est parti joué à Caps dans un maquis (les africains ne connaissaient pas, c’est de l’échange interculturel ;-)) et franchement on s’est bien marré.

Enfin, lundi matin, levé de bonne heure (çà change) pour faire les dernières courses et les sacs avant de remettre mon petit au car et les vacances étaient déjà terminées. Finalement il était peut être temps parce qu’à tourner comme on faisait on serait peut être mort de fatigue si çà c’était prolongé ! En tout cas je remercie encore vivement franginamphibie pour sa visite, ses biéres et tout tout tout, ainsi que la famille qui a profité de son arrivée pour me combler de victuailles bien de chez nous avec lesquelles je n’ai pas fini de me délecter. Je m’excuse de ne pas avoir profité du passage de Mat pour envoyer quelques mots par sa valise, le temps m’a manqué car je ne voulais pas perdre une miette de ses vacances en famille. 

Avant les vacances j’ai eu l’occasion de participer à la fête d’inauguration officielle du centre CLIMA (Centre Lassalien d’Initiation aux Métiers de l’Agriculture) qui accueille des jeunes couples venus de la brousse pour une formation de 2 ans. Cette inauguration s’est fait en grande pompe avec une bonne 30 aine d’hommes en armes de tout poils présent pour protéger les notables composés notamment du chef coutumier, de l’économe général de Rome des FEC, du gouverneur de la région, de l’évêque de Banfora, du ministre de l’agriculture et du secrétaire général du conseil des ministres et du gouvernement. Ceux- cis nous ont d’ailleurs surtout gratifiés de long discours qui heureusement étaient entrecoupés d’animations avec 2 troupes de griots et de sketchs d’un humoriste. Ensuite les doso (chasseurs traditionnels aux pouvoirs magiques) dans leurs costumes traditionnels ont fait parler la poudre noire qui en claquant dans le ciel ont fait tomber la pluie… c’était d’ailleurs en ce 27 octobre que je devais voir la pluie pour la dernière fois avant de long mois. Après un repas sap-sap, moi j’ai repris la route dans la toyota pour ramener l’équipe des journalistes télé sur Bobo.

A part çà côté travail, j’ai pu recevoir dans mon bureau l’économe général de Rome et m’entretenir avec lui pendant 2 heures. Entre les idées qui viennent de loin et la réalité du terrain, il y a un fossé non négligeable et ma connaissance du terrain ainsi que ma biculture permettent de tenter des ponts entre les 2 côtés du fossé. A titre personnel, ce type d’entretien et les rapports à fournir à Rome qui en découlent donne de la consistance à ma mission ce qui est vraiment intéressant. J’ai parfaitement conscience que tout sera loin d’être parfait le jour de mon départ, mais de vrais pas en avant auront été faits et j’ai la prétention de croire que ceux-ci peuvent être pérennes.

Sinon, le 14 dernier j’ai fêté mon anniv. Avec beaucoup d’ambitions j’avais invité tout mes amis et Frères qui sont dans le coin, soit tout de même 40 personnes. Finalement les Frères devant tous déclarer forfait pour cause de vœux chez les novices dont ils ont été informés le 12 novembre, nous n’étions qu’entre 25 et 30 personnes. La solidarité m’a bien aidé pour préparer tout çà vu que je n’ai payé que 12000 F CFA auprès du frére de Sylvestre (le boy de la maison provinciale) le porc de 32 kg que j’ai fait griller à la broche dans le jardin, que Charles et Gwladys ont offert le riz gras, Lolo 15 litres de banghi, les Frères une caisse de bières et encore 4 bouteilles de vin ou mousseux venues d’ici ou là. Bref, grâce à toutes cette générosité, la fête était vraiment réussie (je précise qu’il y avait aussi 20 litres de dolo et 5 litres d’ hydromiel ;-)) . Du coup en 3 éme partie de soirée alors que la plupart des invités étaient partis, j’ai pu en profiter pour monter avec lolo sur les cimes étêtées de mes arbres et prendre la haut un petit apéro bière-cahuétes la tête dans les étoiles… le top !

Sur ce, je vous souhaite à tous une très belle marche vers Noël ainsi que de bonnes fêtes en famille et/ou entre amis pendant cette fin d’année. Moi, je vous retrouverai via le blog le mois prochain. D’ici là, j’aurai passé les fêtes de Noël avec Lolo, Amandine, Caroline et Agnès (les 2 derniéres citées étant les coopérantes de Toussiana) à Banfora puis je serai parti le 26 faire une virée avec Lolo sur la moto du Père Philippe vers les ruines de Loropéni qui viennent d’entrée au patrimoine mondial de l’UNESCO puis sur Gaoua suivi d’un p’tit tour au bord de la Volta, frontière naturelle avec le Ghana, avant de remonter par Diébougou pour arriver à Bobo le 28 soir, prendre le car pour Ouaga dans la foulée afin de retrouver une 15aine de coopérants le 29 avec qui nous partagerons un minibus qui nous mènera dans le désert sahélien du côté de Dori et Gorom-Gorom pour le 31. Bref, encore un sacré périple en perspective !

 

Soro (a+)

 

Yanndelabrousse

 

Ps : pour ceux qui veulent plus d’image, je vous invite à vous rapprocher de mon petit qui a ramené toutes mes photos sur son disque dur externe à Nantes.

 

Ps bonus : Une petite histoire de vie à la maison provinciale. Çà se passe un midi à table. Je vois le plat de viande arriver et compte-tenu de la forme encore inconnue des morceaux, j’interroge le Frère Econome de Communauté (Maxence) sur l’origine de cette viande. Il me donne le nom de l’animal et déclare qu’une personne l’a chassé en brousse et est venu lui apporter. Bon pourquoi pas, de toutes les façons je ne suis pas intimider par la bête proposée, j’en mange et je dois dire que c’est une viande assez forte et pas mauvaise du tout. En fait, une semaine après j’ai eu en Off la vraie version. Le cuisinier informe Maxence qu’il n’y a plus de viande, Maxence sait lui qu’il n’a plus de fonds pour acheter de la viande. Ni une ni deux, il demande au cuisinier de l’attendre. Il file en chambre attraper son lance-pierre, sort, prend un caillou, voit un chat, vise et  PAF le chat. Puis il ramène le matou au cuisinier en lui disant « tiens, voilà la viande ». Et c’est donc tout simplement pour çà qu’on a mangé du chat un midi ;-))


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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 12:37
Quand l’Homme perd la raison, se confond en bêtise pure, il engendre des drames et inflige des souffrances, des plaies profondes à ses proches, à ceux qui l’aiment, à ceux qui l’estiment, à ceux qui le respectent. C’est une trahison, un traumatisme. Aujourd’hui, pas d’histoires truculentes, pas d’humour ou de dérision ni de p’tit jeu, le cœur ni est pas. Je ne peux pas raconter en détails ce qu’il s’est passé vendredi dernier et les conséquences qui en découlent depuis étant tenu à une discrétion professionnelle mais tout est dit dans les 3 premières lignes.* Moi, j’ai la chance dans ce malheur, de n’être que témoin du juste’’après’’ et que ce ne soit pas non plus un ami très proche (pour la première fois je venais de l’inviter chez moi pour mon anniv que j’ai prévu de fêter dans la simplicité le 14 prochain). Toutefois c’est quelqu’un que j’estimais, que je respectais avec qui je blaguais quotidiennement, qui est marié et père de 3 enfants. J’ai été interrogé par les gendarmes sans y être préparé samedi matin et je suis convoqué demain mardi pour l’enregistrement de ma déposition. En conscience, mon témoignage est à charge. J’ai fait le choix samedi de l’assumer et de ne pas me fourvoyer en mentant par omissions. Je vais me tenir à cette ligne de conduite demain. C’est très traumatisant. C’est un mauvais moment pour moi, j’ai bu un peu samedi soir pour essayer d’oublier mais surtout je dialogue avec mes collègues pour surmonter ensemble cette épreuve. Je pense que dans quelques jours, quelques semaines au plus cette histoire sera digérée. Hasard du calendrier, à la fin du mois j’ai posé des congés pour la venue de mon p’tit frère. Ce moment est vraiment providentiel, çà va me permettre de prendre un peu de distance, de retrouver mes racines, de me regonfler pour repartir de l’avant. Je reprendrai donc les posts sur le blog qu’après, pour vous raconter ces vacances. Bon mois de novembre à tous avec déjà une pensée particulière pour maman et thomas qui fêtent leurs anniversaires ce mois ci. Biz Yann * Je précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une histoire de violence physique. Ps : je demande à ceux qui croient en Dieu de bien vouloir porter cet homme et ses faiblesses dans vos prières. Par avance, merci.

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